Hadi Tabbal, du talent à partager.
Hadi a développé l’amour des planches depuis son enfance. À 5 ans déjà, il interprétait des pièces à l’école dans des rôles où il était aisé de déceler ses prédispositions d’acteur et même d’acteur qui chante ! Avant ses 17 ans, il avait déjà participé à 12 pièces. « Le théâtre est un des arts les plus périlleux, précise-t-il, parce qu’il est immédiat. C’est maintenant et ici. Un travail quotidien qui se fait d’une manière linéaire. Je l’aime également pour ces raisons. »
Déterminé
Pourtant, le jeune homme a entrepris des études en gestion, avant de décrocher une bourse pour la spécialisation de son choix. Sa passion pour seul guide, et sans surprises pour ceux qui le connaissent bien, il décide de passer trois ans à The New School for Drama in New York, dans le programme du Actors Studio. Il obtient un Masters of Fine Arts in Acting. « Cette école ressemble à un conservatoire d’art dramatique. Durant trois ans, j’ai appris à jouer comme un danseur danse plusieurs fois par jour pour apprendre ses pas. » Avec pour professeurs les acteurs Karen Ludwig (qui a figuré dans Manhattan de Woody Allen) et Ron Leibman, ou encore l’auteur Christopher Shinn. « J’y ai aimé l’artisanat de la technique. Mes professeurs m’ont appris ce que j’avais besoin et envie d’apprendre. J’ai compris, poursuit-il, pourquoi j’aimais le théâtre réaliste. » Celui qui vous prend aux tripes... Celui, aussi, qui utilise les tripes de l’acteur et ses émotions pour servir un rôle et, plus encore, devenir son personnage. « Nous travaillons les monologues, nous analysons les textes et nous puisons dans nos sentiments et nos expériences personnelles pour trouver en soi le personnage à interpréter sans se perdre. »
Pour se construire une carrière de metteur en scène de théâtre, de consultant pour la télévision et d’acteur de cinéma et de théâtre, Hadi n’a pas hésité, en dépit des difficultés, à s’installer d’une manière définitive à New York, car tout s’y joue... Il monte off Broadway A boy’s life de Howard Korder et interprète des rôles au théâtre et au cinéma. « Pour moi, les deux se complètent, dit-il. Le théâtre est un spectacle vivant et continu. Chaque représentation est différente et dépend des émotions de l’acteur au moment même et de l’audience. Le cinéma est une prise que l’on peut voir, revoir et corriger. Je crois surtout aux émotions réalistes, qu’elles soient dans l’un ou dans l’autre. » Sa dernière apparition a eu lieu dans le film Circumstance de la réalisatrice américano-iranienne Maryam Keshavarz, qui a obtenu le Audience Award au Festival de Sundance.
Deux fois par an, il retrouve le Liban pour prodiguer à son tour ces techniques apprises et appréciées. « J’enseigne pour les mêmes raisons pour lesquelles j’ai moi-même appris. Je le fais parce que j’aime le faire et j’aime le faire correctement. » Dans ses projets immédiats, l’adaptation de The house of Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca sur laquelle il travaille depuis deux ans à New York... Et quelques retours au pays pour ses ateliers de théâtre et plus, si affinités et possibilités. « Il y a un potentiel inexploité », conclut-il, impatient de pouvoir
en faire un jour quelque chose.


Courage pour Hadi Tabbal qui puise son art de New York pour donner de l air frais au Liban. Nazira.A.Sabbagha
04 h 01, le 01 août 2011