Barack Obama a estimé que l’attitude des républicains dans le débat sur la dette avait conduit à une impasse « dangereuse ». Pool/Jim Watson/AFP
Dans un discours à la nation en direct de la Maison-Blanche, M. Obama a estimé que l’attitude des républicains dans le débat sur la dette avait conduit à une impasse « dangereuse ». Il a appelé ses compatriotes à faire pression sur le Congrès, où ses adversaires sont majoritaires à la Chambre des représentants.
« J’ai dit aux chefs de file des deux partis qu’ils devaient parvenir à un compromis dans les prochains jours, qui pourra être adopté par les deux Chambres du Congrès et que je pourrai promulguer. Je suis certain que nous pouvons sceller ce compromis », a assuré le président.
Après des semaines de négociations houleuses, les républicains et les alliés démocrates de M. Obama, qui contrôlent le Sénat, s’opposent toujours sur les modalités d’un plan de réduction des déficits pour accompagner un accord sur le relèvement du plafond de la dette, qui a atteint en mai sa limite de 14 300 milliards de dollars.
La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a pressé, hier à New York, les États-Unis de « trouver une solution » sur le relèvement du plafond de la dette publique. Après l’accord survenu le 21 juillet entre les dirigeants de la zone euro sur la Grèce, celle-ci espère que ces mesures courageuses seront suivies aux États-Unis « aussi rapidement que possible », soulignant qu’« un défaut de paiement ou un abaissement important de la note attribuée à la signature des États-Unis serait un événement très, très, très grave » pour l’économie mondiale. Selon le FMI, la dette publique américaine atteindrait 99,0 % du PIB en 2011 et 103,0 % en 2012, alors qu’en juin il tablait sur 98,3 % puis 102,3 %.
M. Obama a rejeté une proposition républicaine de relever temporairement le plafond de la dette, faisant valoir que cela conduirait à une répétition de la crise dans six mois. « Ce n’est pas une façon de diriger le plus grand pays de la terre. C’est un jeu dangereux auquel nous n’avons jamais joué auparavant et auquel nous ne pouvons nous permettre de jouer maintenant », a-t-il ajouté.
Les États-Unis « ne peuvent pas faire défaut sur leurs obligations », a répondu le président républicain de la Chambre, John Boehner. Mais le chef républicain a aussi accusé M. Obama d’intransigeance face aux solutions avancées par son parti. « La triste vérité est que le président (...) veut un chèque en blanc », a-t-il lancé, tout en promettant de soumettre au Sénat puis à M. Obama un texte de loi pour éviter un défaut. « Si le président le promulgue, l’ambiance de “crise” qu’il a créée disparaîtra d’elle-même », a-t-il dit.
Le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid, a quant à lui proposé lundi un plan prévoyant un relèvement du plafond suffisant pour tenir jusqu’en 2013, accompagné d’une réduction des déficits de 2 700 milliards de dollars, mais sans nouvelles rentrées fiscales, contrairement à ce que souhaitait M. Obama.
Pour le président, ce dernier plan « constitue un dépôt de garantie sur la réduction du déficit et fait en sorte que nous n’aurons pas à traverser à nouveau (ce débat) dans six mois ». Mais pour M. Boehner, le plan de M. Reid est « bourré de comptabilité douteuse et de gadgets ».
Le chef des républicains, qui refuse toute hausse des impôts sur les plus riches, propose, lui, de relever en deux temps le plafond de la dette, d’ici à février-mars 2012, puis d’ici à 2013.
Selon un sondage réalisé pour le quotidien Washington Post et la chaîne ABC, 37 % des Américains estiment que M. Obama a contribué à empirer la situation économique, soit six points de plus qu’en octobre. Mais 65 % sont en désaccord avec le traitement par les républicains de la question du chômage.
(Source : AFP)

