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Nos lecteurs ont la parole

La guerre des Trois n’aura pas lieu

Par Nahi LAHOUD
Les racines de l’homme moderne, on les retrouve essentiellement dans les grandes civilisations qui ont vu le jour tout autour du bassin méditerranéen. Mais une vieille querelle divise les partisans irréductibles de ces différentes civilisations, qui sont au nombre de trois. Tous les demi-siècles ou presque, un quarteron d’universitaires, de pamphlétaires, de poètes, d’historiens ou de mages se livre aux délires d’une guerre civile imaginaire. Objet du litige : qui est notre géniteur culturel et historique : Jérusalem, Athènes ou Rome ? Réponse incertaine. D’abord, parce que la paternité n’est jamais qu’une présomption, tous les juristes vous le diront. Ensuite, parce que l’histoire, cette vieille catin, a la mémoire qui flanche. Elle a eu trop d’amants, trop de liaisons dangereuses.
Cette incertitude permet aux trois jouteurs de remonter perpétuellement en lice. Sur le bouclier du premier, la silhouette de la ville sainte, celle d’Abraham, premier pèlerin d’un seul Seigneur, celle de Moïse, prince de la révolte, et celle de Jésus, enfin, roi d’un nouveau monde, dont l’ombre portée devrait être la
 lumière de la vie. C’est le judéo-chrétien. Le second héraut a un visage de chouette. Il représente la tragédie de Sophocle, les conquêtes d’Alexandre, la quête éperdue de la connaissance de Diogène, la fascination de la mer, la beauté des formes et la douceur de mourir. C’est le greco-spartiate. Le dernier prétendant marche derrière une louve. Il est plébéien ou patricien, juriste et militaire. Il n’a ni la passion du premier ni l’intelligence du second. Mais il est le créateur de la ville et de l’empire, points de passage obligés de l’unité planétaire. Il engendre l’ordre de Jules César, la schizophrénie de Néron et la poésie de Virgile. C’est le gallo-romain.
Le tournoi s’engage. Il dure depuis 25 siècles. Cette querelle me semble absurde. Nous sommes tous (qu’on le veuille ou pas) les fils de ces trois capitales. Dabord, parce qu’il y a eu un enchevêtrement indescriptible des trois cultures. Ensuite, parce qu’au fil des âges, nous n’avons cessé de remuer cette potion magique de ragôts... épiques qui va donner son ragoût... mythique à l’histoire. Le royaume mystique de David, la démocratie exaltée de Socrate et l’empire envahissant d’Auguste ont façonné petit à petit les régimes politiques qui gouvernent et martyrisent aujourd’hui les peuples. Sont-ce des héritiers tout simplement ou de nouveaux pères fondateurs ? Héritiers ou fondateurs peut-être, mais de quoi au fond ? Il est bon de s’interroger sur ses racines, mais il ne faut pas en rester là. Si nous avons les trois capitales les plus prestigieuses du monde sous les pieds, nous tenons aux étoiles par la tête : couronnes de diamants ou couronnes d’épines ? Au choix.
Pour vaincre l’incertitude, il faut se fier à l’intuition et au « subconscient ». C’est pourquoi je pense (humblement) que la guerre des Trois ne doit pas perdurer et que les partisans de ces trois cultures devraient rentrer sagement dans les rangs et mettre leurs rancœurs au rancard, car une nouvelle ère d’instabilité nous guette : celle du fondamentalisme.
Les racines de l’homme moderne, on les retrouve essentiellement dans les grandes civilisations qui ont vu le jour tout autour du bassin méditerranéen. Mais une vieille querelle divise les partisans irréductibles de ces différentes civilisations, qui sont au nombre de trois. Tous les demi-siècles ou presque, un quarteron d’universitaires, de pamphlétaires, de poètes, d’historiens ou de mages se livre aux délires d’une guerre civile imaginaire. Objet du litige : qui est notre géniteur culturel et historique : Jérusalem, Athènes ou Rome ? Réponse incertaine. D’abord, parce que la paternité n’est jamais qu’une présomption, tous les juristes vous le diront. Ensuite, parce que l’histoire, cette vieille catin, a la mémoire qui flanche. Elle a eu trop d’amants, trop de liaisons dangereuses.Cette incertitude...
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