Il convient de rappeler que, pour diverses raisons, ni le gouvernement Siniora ni le gouvernement Hariri n’avaient pu aborder la concrétisation des décisions du premier comité de dialogue national, pourtant prises à l’unanimité.
Mais cela tient en réalité du songe shakespearien d’une nuit d’été. Car nul n’ignore que la Syrie, avec le soutien de ses alliés du cru, est parvenue à dénaturer les résultats des législatives de 2005 et de 2009, remportées par les souverainistes. En les privant, sous la menace des armes, du droit et du devoir d’assumer seuls le pouvoir. Sous couvert d’une trouvaille hérétique baptisée démocratie consensuelle qui gomme la démocratie tout court. Principe vital ordonnant que la majorité gouverne et que la minorité censure, dans la possible perspective d’une alternance, à travers le verdict des urnes. C’est-à-dire toujours sur base, et c’est de là que la démocratie tire son nom, de la volonté du peuple souverain.
Antinomie
On sait ce que tenter de réunir l’eau et le feu a donné en termes de paralysie étatique lors des malheureuses expériences de cabinets dits d’union nationale, qui étaient en fait des cabinets de désunion. Ce qui était naturellement inévitable, du moment que la règle retenue était que toute décision importante devait être obligatoirement prise à l’amiable. Ou, sinon, mise définitivement de côté. Sans possibilité de recourir à un vote en Conseil des ministres, comme l’ordonne la Constitution.
On sait le blocage que cela a produit. Pour l’adoption du budget. Et pour les nominations, malgré l’urgence de pourvoir certains postes-clés vacants. La Syrie se frottant les mains. D’abord parce qu’elle ne souhaite pas l’émergence d’un État libanais authentique, avec administration fonctionnant à plein. Ensuite, revanche oblige, parce que son objectif constant est d’empêcher la révolution du Cèdre, qui l’a forcée à retirer ses troupes, de gérer librement ce pays par le truchement du 14 Mars.
Finalement, la Syrie et ses alliés sont parvenus à arracher le pouvoir au camp d’en face. À partir de là, elle est censée renforcer le gouvernement actuel en lui apportant son concours là où il lui serait utile. En tant que représentant, désormais, de l’État libanais et de ses droits élémentaires.
Mais il serait évidemment naïf d’y compter. Tenez, par exemple, peut-elle faire démanteler les bases palestiniennes relevant de son obédience, installées à cheval sur la frontière, dans l’est de la Békaa ? Ces excroissances implantées, elle prétend qu’elles lui sont indispensables comme carte face à Israël et aux visées américaines. Mais, en réalité, elles constituent une épine au flanc de tous les protagonistes libanais, dont ses propres amis. En lui donnant un moyen supplémentaire d’influer sur la scène locale. Pour intimider ses adversaires et pour pousser ses alliés à plus de docilité...
Elle est également supposée aider efficacement ses alliés, désormais en charge, en acceptant une délimitation des frontières, en commençant par Chebaa. Mais elle s’accroche à son argumentation de départ : Chebaa doit être le terminus, et non le départ, d’un éventuel tracé. En réalité, malgré les déclarations à effets de manche de ses responsables, elle conteste la libanité des hameaux encore plus qu’Israël. Et refuse d’accomplir les formalités nécessaires de rectification de l’homologation auprès de l’ONU. On sait en effet que, du moment que Chebaa reste sous le régime de la 242, relative au Golan, et non de la 425 purement dévolue au Liban, l’enclave est juridiquement syrienne. Ou annexée par Israël. Cette double position, manifestement complice, fait que le projet de placer Chebaa sous autorité des Casques bleus, en attendant sa restitution au Liban, reste en l’air.
Bien plus sensible encore, et révoltant, reste le dossier des disparus libanais en Syrie, ou des détenus dans ses geôles. Elle ne reconnaît pas leur existence, en tant que ressortissants étrangers, soutenant qu’ils ne sont à ses yeux que des condamnés de droit commun, ne pouvant éventuellement bénéficier que d’une amnistie générale ou d’une réduction de peine pour bonne conduite. Ce qui ne doit pas être difficile à Mazzé, quand on n’a pas fini dans la chaux.


Dialogue ou chantage politique le pays plonge toujours dans un cercle vicieux .Ami ou ennemi à nos frontières les deux ont la jalousie en commun à l’egard du Liban et nous libanais on cherche toujours le sexe des anges avec des chefs de tribus qui se lancent des pierres au lieu d ’être solidaires surtout en ces momoments exceptionnels . Antoine Sabbagha
02 h 20, le 23 juillet 2011