« Les Libanais se demandent qui gouverne aujourd’hui dans les localités de Lassa et Afqa, dans le caza de Jbeil, souligne notamment le communiqué du BN. Si nous demeurons toujours soumis à l’autorité de l’État libanais, il faudrait alors relier le réseau d’adduction d’eau à la source d’Afqa qui alimente la région depuis des lustres. Il faudrait, de même, mettre en application avec fermeté la décision de justice relative à la délimitation des biens-fonds du patriarcat maronite et réclamer des comptes à ceux qui sont responsables de ces empiètements. Il faudrait aussi traduire en justice ceux qui se sont attaqués aux journalistes » (de la MTV) à Lassa.
Et le BN d’ajouter sur ce plan : « Il n’est certes pas surprenant de constater que le Hezbollah se livre à une opération de grignotage de l’État libanais, car tel est son plan au départ. Ce qui nous surprend, par contre, c’est de relever que cette opération de grignotage se produit dans la région de Jbeil d’où sont originaires le président de la République et le ministre de l’Intérieur, sans compter que l’affaire a été relancée lors de la visite du patriarche maronite dans la région. Cela illustre le fait que le Hezbollah ne reconnaît pas la légalité libanaise, de même qu’il n’a aucun respect pour le patriarcat maronite. Cela prouve aussi que l’État n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilités. »
La loi électorale
Sur un tout autre plan, le BN a commenté l’initiative du ministre de l’Intérieur de former une commission ad hoc pour étudier une nouvelle proposition de loi électorale basée sur la proportionnelle. Le BN a dénoncé le fait que le système de la proportionnelle soit « imposé » de la sorte, soulignant la nécessité d’examiner sérieusement le système électoral fondé sur le scrutin majoritaire à deux tours sur base de la circonscription uninominale. « Ce système est en vigueur dans les plus grandes démocraties du monde car la circonscription uninominale est la seule qui permet à l’électeur de réclamer des comptes. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce système est rejeté. »
Pour le BN, « cette rapidité avec laquelle l’option de la proportionnelle a été retenue en écartant tous les autres systèmes constitue le chemin le plus court vers la mainmise du Hezbollah sur l’État avant la chute du régime syrien ». « Le Hezbollah, poursuit le communiqué, a les moyens de manipuler le système au niveau de circonscriptions qui seraient façonnées à sa mesure, en conformité avec le projet d’hégémonie totale sur le Parlement. »
Après avoir pressé l’État d’initier un débat public sur la loi électorale, le BN a qualifié de « surprenant » l’appel du président de la République à une relance du dialogue national, relevant que les résolutions des précédentes séances de dialogue national sont restées lettre morte, notamment en ce qui concerne le tribunal international et le rejet de l’utilisation des armes sur la scène locale. « Pour le Hezbollah et ses alliés, le dialogue constitue un moyen de perdre du temps afin de parachever leur mainmise totale sur le pouvoir », conclut le BN.


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09 h 09, le 22 juillet 2011