L'armée égyptienne, en charge du pays depuis la chute en février du président Hosni Moubarak, a promis de limiter le recours aux tribunaux militaires pour juger les civils, accédant ainsi à l'une des principales revendications des manifestants. Dans un communiqué publié samedi soir sur sa page Facebook, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays, s'est engagé à ne juger devant des tribunaux militaires que les affaires de viols, d'agressions de policiers et d'attaques armées. Mais l'armée a aussi prévenu que si elle comptait respecter les manifestations pacifiques, elle interviendrait en cas d'atteintes aux biens publics ou privés.
La multiplication des procès de civils devant des tribunaux militaires est l'une des raisons qui ont poussé des milliers d'Egyptiens à redescendre dans la rue vendredi pour réclamer de réelles réformes. Depuis le 8 juillet, des manifestants campent aussi sur l'emblématique place Tahrir au Caire.
Pour tenter d'apaiser la contestation, le Premier ministre Issam Charaf doit présenter lundi un nouveau gouvernement. Selon les médias officiels, une quinzaine de ministres, les plus liés au régime de M. Moubarak, doivent être remplacés. Samedi, M. Charaf s'est choisi comme adjoints à la tête du gouvernement un économiste expérimenté, Hazem Beblawi, et un membre influent d'un parti libéral, Ali al-Silmi, une décision qui illustre sa volonté d'apaiser les manifestants mais aussi de redresser une économie mise à mal par l'instabilité. Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères, Mohammed al-Orabi, a présenté sa démission « pour épargner au Premier ministre tout embarras pendant les négociations sur le remaniement », selon l'agence officielle Mena.
La multiplication des procès de civils devant des tribunaux militaires est l'une des raisons qui ont poussé des milliers d'Egyptiens à redescendre dans la rue vendredi...


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