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Liban - Citoyen Grognon

Incorrigibles accros

Cela devient une habitude. Une manie plutôt. De laisser sonner son téléphone cellulaire partout. Lors d’une réunion de travail, d’une conférence, en plein concert... ou même à la messe. Des sonneries aussi différentes que particulières. Qui vont de la simple sonnerie « par défaut » sélectionnée par votre portable, en fonction de sa marque évidemment, jusqu’aux derniers tubes de l’été, arabes ou internationaux, téléchargés d’ici ou de là.
Alors que l’assistance entière se retourne, dérangée, déconcentrée, l’air généralement ulcéré, les intéressés, eux, ne se sentent nullement concernés. Pas le moindre empressement de leur part pour faire taire l’interminable sirène. C’est avec un calme olympien que les femmes cherchent le coupable, bien caché quelque part dans leur sac à main. C’est avec tout autant de désinvolture que les hommes fouillent leurs poches, à la recherche de leur appareil dernier cri. Pas question pour eux de régler leur appareil au mode vibreur ou silencieux. Pas question surtout d’interrompre la sonnerie avant de s’assurer de l’origine de l’appel. Cela pourrait être vital ! Au diable les règles de bienséance !
Faut croire que les Libanais et Libanaises ne savent plus fonctionner sans leur téléphone portable, devenu leur fidèle compagnon. Tout est prétexte à composer un numéro en urgence, ou à en recevoir un autre, tout aussi pressant. Depuis les raisons professionnelles jusqu’aux futilités : le cancan du jour à raconter urgemment à une copine, les problèmes scolaires de la progéniture, les déboires amoureux. C’est aussi par milliers qu’ils envoient textos ou autres messages, tout aussi futiles, qu’ils écrivent à la hâte en langage SMS ou rédigent en toutes lettres, le plus savamment du monde. Quitte à interrompre net une conversation avec les personnes installées en face, ou à en négliger d’autres, l’espace d’une soirée. Et tant pis si leur facture de téléphone sera plus salée, ce mois.
Il n’y a qu’à voir la quantité d’automobilistes qui conduisent, le cellulaire à l’oreille. Hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, sans distinction, ils tentent, sans vraiment y parvenir, de manier le volant, tout en poursuivant leur interminable conversation. La majorité s’oublie et roule à gauche, ou en plein milieu de la route, à l’allure d’un escargot. Pas question pour eux de s’arrêter à droite, le temps de terminer leur conversation, ou de s’armer d’écouteurs, qui brouilleraient les voix.
Derrière, les klaxons fusent, les automobilistes s’impatientent. Ils n’ont qu’à prendre leur mal en patience ! Place à l’accro du cellulaire, qui ne se laissera jamais intimider.
Cela devient une habitude. Une manie plutôt. De laisser sonner son téléphone cellulaire partout. Lors d’une réunion de travail, d’une conférence, en plein concert... ou même à la messe. Des sonneries aussi différentes que particulières. Qui vont de la simple sonnerie « par défaut » sélectionnée par votre portable, en fonction de sa marque évidemment, jusqu’aux derniers tubes de l’été, arabes ou internationaux, téléchargés d’ici ou de là. Alors que l’assistance entière se retourne, dérangée, déconcentrée, l’air généralement ulcéré, les intéressés, eux, ne se sentent nullement concernés. Pas le moindre empressement de leur part pour faire taire l’interminable sirène. C’est avec un calme olympien que les femmes cherchent le coupable, bien caché quelque part dans leur sac à main....
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