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Nos lecteurs ont la parole

L’Académie libanaise des Immatures

Par Pr Élie MAALOUF
À l’heure où le Liban culturel est à l’honneur avec l’élection de Amin Maalouf au fauteuil d’académicien, le Liban politique, lui, se distingue d’une toute autre façon. Après des mois d’abstinence parlementaire, voilà enfin nos distingués députés conviés à exercer leur fonction de représentants du peuple. Exercice qu’on pourrait imaginer des plus civilisés, puisque se déroulant dans l’enceinte de la « chambre » mère des lois.
Mardi 5 juillet, le décor est planté, tous les acteurs sont là, toutes les télévisions aussi, le spectacle peut commencer. Et quel spectacle ! Le débat censé être politique dérape et devient carrément obscène, méritant un carré rose gigantesque.
Comme des diables sortant de leurs boîtes, écumant et vociférant, ces mandataires de nos espérances en un avenir meilleur se transforment, sous nos yeux incrédules, en des « Mister Hulk », oubliant toute élégance morale et plus simplement toute courtoisie élémentaire. L’alphabet des Phéniciens n’est plus qu’un lointain souvenir, détrôné qu’il est par ce langage de charretiers au bord de I’apoplexie.
Rideau sur un Liban « message » décrit par Jean-Paul II.
Rideau sur un Liban « passerelle des cultures » comme le rêvait Amin Maalouf.
Rideau sur notre démocratie, naguère enviée par nos voisins.
À l’heure où le Liban culture est à l’honneur, le Liban politique se déshonore et ruine ses traditions d’humanisme et d’ouverture.
Le Liban des « identités grossières » vient de naître.
À l’heure où le Liban culturel est à l’honneur avec l’élection de Amin Maalouf au fauteuil d’académicien, le Liban politique, lui, se distingue d’une toute autre façon. Après des mois d’abstinence parlementaire, voilà enfin nos distingués députés conviés à exercer leur fonction de représentants du peuple. Exercice qu’on pourrait imaginer des plus civilisés, puisque se déroulant dans l’enceinte de la « chambre » mère des lois. Mardi 5 juillet, le décor est planté, tous les acteurs sont là, toutes les télévisions aussi, le spectacle peut commencer. Et quel spectacle ! Le débat censé être politique dérape et devient carrément obscène, méritant un carré rose gigantesque. Comme des diables sortant de leurs boîtes, écumant et vociférant, ces mandataires de nos espérances en un avenir...
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