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Liban

Un terrible incendie ravage l’usine de plastique GPI au Metn

Une usine appartenant au ministre du Tourisme Fadi Abboud a entièrement brûlé dans un incendie qui a éclaté dimanche soir et n’a été maîtrisé qu’hier dans la journée, après plus de seize heures, non sans avoir pollué l’environnement de la région.

Des pompiers tentent d’éteindre les matières plastiques en flammes. Photos Michel Sayegh

Pour trouver l’usine GPI à Mazraat Yachouh (Metn) hier, il suffisait de suivre l’épaisse fumée noire et l’odeur suffocante du plastique qui brûle. Sur place, l’imposant bâtiment apparaît entièrement calciné, sous le regard incrédule des salariés de l’entreprise et des membres de la Défense civile, qui se battent encore pour venir à bout des flammes. La plupart portent des masques en coton fournis par la Défense civile. À l’intérieur du bâtiment, les foyers incandescents sont bien visibles. Toute la région est couverte d’un épais nuage noir.
L’usine GPI se trouve au centre d’une zone industrielle dans une vallée à Mazraat Yachouh. Elle produit des verres et des assiettes en plastique, et emploie normalement 150 personnes. Par chance, l’incendie ne s’est pas étendu à d’autres industries avoisinantes.
Le directeur de l’usine, Pierre Chrabieh, se trouve sur place, entouré des employés. À L’Orient-Le Jour, il précise d’emblée que les causes du sinistre ne sont pas encore connues et qu’elles ne le seront qu’une fois l’enquête finalisée. Une enquête qui ne pourra débuter qu’après 48 heures, le temps que les experts puissent fouler le sol brûlant de l’usine. Il insiste que, d’ici là, il n’y a aucune théorie privilégiée. « Les ouvriers de l’équipe de nuit ont été surpris par le feu, dit-il. Ils ont essayé de le maîtriser avec les moyens du bord, mais l’incendie était déjà trop fort. Ils ont alors fait appel à la Défense civile, qui a un centre tout proche. Les pompiers sont arrivés en quelques minutes, alors même que les ouvriers avaient fui le bâtiment. Aucun d’entre eux n’a été blessé. »
Les premiers pompiers arrivés ont toutefois été incapables de faire face au sinistre tout seuls. « Il a fallu appeler des renforts de tout le Liban, poursuit M. Chrabieh. Malheureusement, le feu s’était propagé entre-temps. » Le directeur de l’usine explique que la matière contenue en grande quantité dans l’usine est celle de la résine de plastique, extrêmement inflammable et imprévisible. « Ce sont des matières qui reprennent feu même quand on croit les avoir éteintes, explique-t-il. Suivant ce que nous ont dit les membres de la Défense civile, cet incendie est l’un des plus terribles auxquels ils aient jamais dû faire face. Il était plus difficile à maîtriser que le sinistre qui a saccagé l’année dernière un dépôt de produits chimiques à Aïn el-Remmaneh. »
Selon M. Chrabieh, « l’usine est totalement saccagée ». « Il faudra bien examiner le bâtiment pour décider s’il peut être réhabilité ou s’il sera impossible de le garder », ajoute-t-il. Il précise que la société GPI existe depuis une trentaine d’années, mais que le bâtiment qui a pris feu se trouve dans cette région depuis quelque 18 ans. Il se dit incapable de faire une estimation des pertes, mais que celles-ci se chiffreraient certainement à des dizaines de millions de dollars.

Une Défense civile peu préparée
Cette affaire remet sur le tapis la question de la sécurité dans les endroits de stockage des matières toxiques et inflammables. À signaler que les pompiers ont eu hier beaucoup de difficulté à s’approvisionner en eau, le point d’eau le plus proche se trouvant à quelque sept kilomètres de l’usine.
Qu’en pensent les autorités ?
Dès les premières heures de l’incendie, de nombreuses personnalités se sont rendues sur place. Le ministre Abboud était là, évidemment. Il a été rejoint le matin par le ministre de l’Industrie Vrej Sabounjian.
M. Abboud, qu’il nous a été impossible de contacter, a salué, dans une intervention à la LBCI, le courage des membres de la Défense civile, tout en insistant sur le manque d’équipement moderne et sur les lacunes dans la formation. On ne combat pas un incendie de matières plastiques avec de l’eau, mais avec une poudre spéciale, a-t-il déploré. Il a souligné le retard de plus de trois quarts d’heure mis par les voitures de pompier venues des autres centres du pays pour participer à la lutte contre l’incendie de son usine.
Le ministre de l’Environnement Nazem el-Khoury a contacté M. Abboud par téléphone. Il a envoyé des experts sur place pour évaluer les conséquences environnementales de ce sinistre et rédiger un rapport. Il a par ailleurs appelé les industriels à « prendre les mesures préventives et à se doter des équipements nécessaires pour préserver la sécurité publique et éviter les incidents qui pourraient nuire à l’environnement ».
Interrogé par L’Orient-Le Jour sur les mesures à prendre dans les usines pour éviter de tels incidents, M. Sabounjian a répondu : « Si les usines ne prennent pas les mesures nécessaires, il faudra s’assurer qu’elles le feront dorénavant. Mais je crois personnellement que cette usine était dans les normes. » Selon le ministre, le gouvernement est surtout responsable de développer les capacités de la Défense civile, en lui assurant les équipements et la formation suffisants.
Pour sa part, Neemat Frem, président de l’Association des industriels, qui a lui aussi inspecté l’usine en feu hier, a soulevé le sujet des zones industrielles. « Il faut créer des zones qui ont une infrastructure adaptée, avec des réservoirs d’eau, des équipements d’extinction du feu, des routes... a-t-il dit. On devrait également éviter les industries à plusieurs étages, ce qui rend la lutte contre le feu très difficile. »

« Il faut évacuer la région », selon Rizk
Les causes du sinistre sont encore inconnues, mais ses conséquences sur l’environnement et la santé ne sont que trop prévisibles. Des milliers d’ouvriers et d’employés travaillant dans les usines environnantes et d’habitants vivant à proximité ont souffert de la fumée noire qui s’est dégagée du bâtiment en feu de l’usine.
Propriétaire d’un garage de réparation de voitures à quelques mètres seulement de l’usine GPI, Mihran Haroutunian s’est rué dès la nuit de dimanche à lundi pour s’assurer que son entreprise n’avait pas été touchée. Hier était pour lui et son équipe une journée de travail normale. « Le matin, la fumée qui nous parvenait était suffocante, dit-il. Ça devrait être l’enfer pour ceux qui vivent dans les environs. »
Antoine Mansour est propriétaire d’une épicerie située juste au bout de la montée où se trouve l’usine et vit dans un appartement au-dessus de son magasin. Face au désastre, il dit penser surtout au malheur qui frappe les propriétaires et les employés de l’usine. « Nous avons respiré de la fumée durant quelques heures, mais eux ont perdu leur source de revenu », affirme-t-il.
L’homme n’a cependant pas raison d’être si peu inquiet, à en croire Wilson Rizk, expert en matières toxiques. « La résine de plastique est une matière très dangereuse, dit-il. À la combustion, elle dégage une fumée qui véhicule des gaz toxiques, dont les effets directs sur la santé peuvent atteindre le degré de la suffocation. Elle agit particulièrement sur les personnes souffrant de maladies respiratoires, notamment les asthmatiques. Ces matières sont potentiellement cancérigènes et peuvent même provoquer des irritations de la peau dans certains cas. »
M. Rizk assure qu’il faut craindre les effets à long terme d’une exposition prolongée. Il aurait préconisé une évacuation des ouvriers des usines environnantes et des habitants trop proches durant trois à quatre jours, et déplore le manque de réaction des autorités à ce niveau. Il ajoute que le nuage noir a un impact sur la faune et la flore des environs, puisqu’il peut se poser sur les récoltes et nuire aux animaux.
Pour trouver l’usine GPI à Mazraat Yachouh (Metn) hier, il suffisait de suivre l’épaisse fumée noire et l’odeur suffocante du plastique qui brûle. Sur place, l’imposant bâtiment apparaît entièrement calciné, sous le regard incrédule des salariés de l’entreprise et des membres de la Défense civile, qui se battent encore pour venir à bout des flammes. La plupart portent des masques en coton fournis par la Défense civile. À l’intérieur du bâtiment, les foyers incandescents sont bien visibles. Toute la région est couverte d’un épais nuage noir. L’usine GPI se trouve au centre d’une zone industrielle dans une vallée à Mazraat Yachouh. Elle produit des verres et des assiettes en plastique, et emploie normalement 150 personnes. Par chance, l’incendie ne s’est pas étendu à d’autres industries...
commentaires (4)

Déplorable le manque de réactivité des autorités à faire évacuer la région !!! Vu la toxicité du produit, étonnant que l'on ai pas enregistrer une augmentation du nombre de patients admis aux urgences de la région...

KHOURY ABDO

06 h 25, le 12 juillet 2011

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Commentaires (4)

  • Déplorable le manque de réactivité des autorités à faire évacuer la région !!! Vu la toxicité du produit, étonnant que l'on ai pas enregistrer une augmentation du nombre de patients admis aux urgences de la région...

    KHOURY ABDO

    06 h 25, le 12 juillet 2011

  • j'imagine la tollé des critiques venant du deputé Aoun et ses collegues ,si cette usine etait a un des gens du 14 mars .(le non respect des normes ,le non respect de la securité des ouvriers,le non respect de la nature et de l'environnement etc etc etc ) bizarement le silence complet des gens de Aoun

    dib antoine

    05 h 04, le 12 juillet 2011

  • Comme d’ habitude le courage des membres de la Défense civile ne manque point mais ne suffit pas si ces derniers n’ ont que de l’ eau pour venir à bout du feu , et les causes modernes elles aussi sont bien connues ou des mégots mal éteints à l’ extérieur ou à l’ intérieur avec négligence du personnel Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha.A.Nazira

    01 h 41, le 12 juillet 2011

  • il faut tenir compte de plusieurs facteurs pour combattre certains evenements tel que le feux dans les usines:en premier lieu reviser et moderniser le code national des batiments par l'instance competente et definir les exigences et normes a respecter dans certains secteur d'activite tel que parc industriel .il serait interessant par la suite de faire un inventaire des etablissements existants et developper un plan de reponse rapide et automatiser aux incidents conformement aux normes du code nationale des batiments dans la mesure du possible.Pour les nouveaux projets l'ingenieur devrait satisfaire les criteres de concept et respecter les normes etablies par les instances gouvernementale en cooperation avec le secteur prive concerne .Il est normallement recommander de creer des secteurs ou zones de feux a meme la configuration finale de l'infrastructure et l'equiper de facon a detecter l'evennement dans la zone ou secteur en question et declencher l'alarme et activer le systeme d'extincteur ou suppression automatiquement de facon a minimiser la propagation et les degats ou impact tant humain ,physique que de l'environnement .Il faut aussi mettre en place un plan d'action d'entrainement periodique du personnelle de l'usine et de la protection civile qui pourrait directement etre avise dans l'eventualite d'un accident.

    Wady El-Khoury

    22 h 21, le 11 juillet 2011

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