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Syrie : "une action aérienne ne règlerait rien du tout" (Longuet)

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, estime qu'une action aérienne en Syrie ne "règlerait rien du tout", rappelant que sur le terrain diplomatique "le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux", dans un entretien au Figaro à paraître mardi.

Interrogé sur l'hypothèse ou non d'une intervention occidentale en Syrie, où ont été attaquées lundi les ambassades de France et des Etats-unis par des manifestants pro-régime de Bachar al-Assad, M. Longuet souligne que "la situation syrienne n'est absolument pas comparable avec celle de la Libye".

Alors que la France tente d'obtenir une résolution de l'ONU condamnant la répression, le ministre de la Défense met en exergue "un blocage politique à l'ONU, du fait de la Russie, de la Chine et d'autres..."

Pour lui, "le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux". Mais d'autre part, sur le terrain, "l'organisation de la contestation rend toute intervention extérieure extraordinairement compliquée" et "une action aérienne en Syrie ne règlerait rien du tout".

Quant à la situation libyenne, M. Longuet estime que "du côté de Kadhafi, on observe deux mouvements: le délitement en +pelure d'oignon+ de son pouvoir, et un discours qui entérine le fait que le changement est inéluctable".

"Le calendrier peut s'accélérer à tout moment, mais ce n'est pas un impératif absolu pour les Alliés", assure-t-il, affirmant que "s'enfermer dans un calendrier, ce serait une façon de renforcer Kadhafi".

"La France est favorable à une solution politique" qui "passe par le retrait de Kadhafi du pouvoir et son renoncement à tout rôle politique. Il n'y a aucune ambiguïté à ce sujet", insiste-t-il.

Alors que l'intervention de la France en Libye doit être autorisée à se poursuivre mardi par le Parlement, qui compte débattre notamment du coût de l'opération, M. Longuet affirme que l'armée n'est "pas à bout de moyens" pour supporter cette guerre d'environ un million d'euros par jour.

"C'est une affaire qui est maîtrisée, tout à fait à la portée des armées de la coalition et de leurs partenaires industriels", soutient le ministre pour qui un arrêt des opérations "ce serait renoncer définitivement à être une puissance politique dans notre espace naturel de proximité".

"Au fond, la Libye, c'est une épreuve de vérité pour la détermination des Européens à construire un espace de paix dans leur environnement immédiat", analyse-t-il. "Ce serait un signal extrêmement dangereux de laisser croire que la force peut être utilisée sans limites en face de l'Europe sans que celle-ci réagisse".

Il assume le largage d'armes aux rebelles libyens "totalement isolés" dans le Djebel Nefoussa, arguant qu'"un Srebrenica de plus aurait été de trop". Il assure en revanche que ce type de parachutage se ne renouvellerait pas,: "ces livraisons ont répondu à une urgence qui n'est plus d'actualité".
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, estime qu'une action aérienne en Syrie ne "règlerait rien du tout", rappelant que sur le terrain diplomatique "le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux", dans un entretien au Figaro à paraître mardi.Interrogé sur l'hypothèse ou non d'une intervention occidentale en Syrie, où ont été attaquées lundi les ambassades de France et des Etats-unis par des manifestants pro-régime de Bachar al-Assad, M. Longuet souligne que "la situation syrienne n'est absolument pas comparable avec celle de la Libye".Alors que la France tente d'obtenir une résolution de l'ONU condamnant la répression, le ministre de la Défense met en exergue "un blocage politique à l'ONU, du fait de la Russie, de la Chine et d'autres..."Pour lui, "le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux"....