Le député Ziyad Kadri a notamment estimé dans ce cadre que l’intervention du chef du gouvernement Nagib Mikati lors du débat parlementaire n’était pas convaincante. « Il paraissait embarrassé, a déclaré M. Kadri, parce que son cabinet n’a pas d’autonomie. Ce sont les armes illégales qui le téléguident, ces armes qu’il a prétendu vouloir retirer des villes, sans pour autant présenter de feuille de route dans ce sens. » Par ailleurs, le jeune parlementaire du bloc du Futur a expliqué que l’insistance des députés de l’opposition sur la question du tribunal international était nécessaire parce que la déclaration ministérielle « assassine la justice et se désengage vis-à-vis du TSL ». Revenant sur la formule « en principe » concernant le TSL et qui a fait couler beaucoup d’encre, M. Kadri a insisté sur le fait que cette mention est, certes, tirée d’un communiqué des ministres des AE arabes datant du 2 mars 2011, mais c’est le ministre des AE Ali Chami qui avait pris cette initiative à cette époque, sans obtenir au préalable l’aval du Conseil des ministres ou du chef du gouvernement.
Avis totalement partagé par le parlementaire tripolitain Samir Jisr qui a par ailleurs insisté sur le fait que descendre dans la rue pour faire tomber le gouvernement serait le dernier recours, mais que d’autres éventualités seront envisagées. Le député Jammal Jarrah a également abondé dans ce sens.
Allant plus loin, le parlementaire Ammar Houry a carrément certifié que le passage lu par le Premier ministre (au sujet de la mention « en principe ») n’existe pas et que quelqu’un l’a induit en erreur en lui glissant un texte falsifié.
Se trouvant à l’étranger, le député Oqab Sakr a estimé pour sa part que les séances de débat parlementaire étaient juste « une pièce de théâtre sans queue ni tête, et n’avait qu’un seul sens, accaparer la vie politique et aller à l’encontre de la volonté du peuple libanais qui s’est prononcé haut et fort pour les parlementaires du 14 Mars lors des dernières législatives ». Interrogé par la chaîne ANB, il a affirmé que rien ne peut entraver le travail du TSL et il s’est dit étonné du fait que certains politiciens sont menacés de façon continue alors que d’autres circulent librement, concluant que « malgré les menaces, je compte rentrer bientôt à Beyrouth ».
Le leader du PNL, le député Dory Chamoun, a souligné de son côté que la nouvelle majorité considère qu’elle est victorieuse, qu’elle a réalisé un retournement de la situation qui joue en sa faveur et qu’elle a réussi à mettre la main sur le ministère de la Justice. « Or, dit-il, il y a quelque chose appelé justice internationale, tribunal international, loi internationale et légalité internationale. Et nous voyons de nos propres yeux comment certains pays qui ne respectent pas les résolutions internationales, à l’instar de la Corée, de l’Iran et de la Syrie, se heurtent à des murs. Ce qui se passe actuellement au Liban laisse présager que cette majorité va elle aussi rentrer en plein dans le mur. »
Abondant dans le même sens, le député Antoine Zahra a souligné que le gouvernement souhaite que « les crimes restent impunis, que les assassins demeurent en liberté et que les détenteurs des armes imposent leur volonté ». « Les jours à venir, a affirmé M. Zahra, vont prouver que la réforme et le changement vont entraîner le pays vers le pire, et c’est pourquoi nous allons faire chuter ce cabinet de façon pacifique et démocratique. »
Amine Gemayel
De leur côté, plusieurs responsables Kataëb ont insisté sur le fait que la justice et la stabilité doivent aller de pair. C’est ainsi que le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, a indiqué que tous les efforts déployés et les sacrifices consentis commencent à porter leurs fruits, promettant que les Kataëb feront le nécessaire pour que le TSL puisse aller jusqu’au bout de sa mission et punir les coupables. L’ancien ministre Salim Sayegh a estimé que le 14 Mars souhaite « sauver le Liban en faisant tomber le gouvernement Mikati et former un cabinet de salut ». M. Sayegh a indiqué que le gouvernement est miné par les contradictions et ne va pas réussir à affronter les échéances à venir, dont l’acte d’accusation, ce qui va provoquer l’implosion du cabinet. Quant au député Élie Marouni, il a souligné que désormais l’heure est à l’action. Le parlementaire de Zahlé a demandé pourquoi certains craignent le TSL s’ils sont réelement innocents.
Tirant à boulets rouges sur le gouvernement, l’ancien député Mohammad Abdel Hamid Beydoun a dénoncé quant à lui le fait que « la partie accusée par le TSL fait partie du cabinet », rappelant que le Hezbollah a pris la décision de ne pas collaborer avec le TSL et que la crédibilité du parti est « en chute libre parce qu’il s’obstine à affirmer que toute cette affaire est un complot qui le vise ».


Christian Gedeon, si j'ai mentionné les 100 jours et Ste-Hélène c'est justement en référence a... Je n'irais pas jusqu’à souhaiter le même sort final au 14 mars, car c'est bien d'eux que je parlais , tu l'avais bien compris j’espère. En tant qu'opposition, ils ont amplement le droit de réagir, mais qu'ils laissent ce nouveau gouvernement auparavant agir au lieu de jouer aux oiseaux de mauvais augure. Wait and see, c'est bien ce que tu préconisais non?
14 h 29, le 12 juillet 2011