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Liban

Siniora : Rafic Hariri vous dénie sa confiance

Parallèlement à son intervention remarquée à la Chambre, Fouad Siniora s’est entretenu hier avec l’ambassadeur de Turquie. Photo Dalati et Nohra

Le dernier à prendre la parole à la Chambre, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a usé de mots particulièrement virulents à l’égard du chef du gouvernement, Nagib Mikati, l’accusant, entre autres, d’avoir « assuré une couverture au coup d’État » et de « nier le droit des martyrs » et lui retirant la caution de Rafic Hariri lui-même.
« Le pouvoir a été saisi par la voie du coup d’État fondé sur le potentiel psychologique des armes et non pas par celui des urnes. Celles-ci avaient donné la victoire au 14 Mars. Si le 8 Mars avait remporté les élections de 2009 et avait formé le gouvernement sur cette base, cela aurait été son droit. Mais que l’on capture la majorité par le biais de l’hégémonie des armes, et dans le prolongement du putsch du 7 mai (2008), nous rejetons cela et nous refusons de nous y soumettre », a lancé M. Siniora.
« Nous sommes en faveur de l’alternance au pouvoir, mais à la condition que cette alternance soit la traduction de la volonté des électeurs, et non pas celle de la volonté des armes et des hommes armés », a-t-il ajouté.
L’ancien Premier ministre a noté que, « pendant un certain temps, d’aucuns ont pu croire au sérieux de ceux qui se sont réclamés du centrisme et de la modération ». « Il reste que l’expérience a démenti ce sentiment et il est apparu clairement qu’on a attribué au centrisme et à la modération la fonction d’assurer la couverture du coup d’État et d’embellir son image. De sorte que la modération est devenue synonyme d’ambivalence, de jeu de mots stériles », a-t-il dit.
« L’arrogance, l’insolence et les accusations de félonie ont le souffle court », a poursuivi M. Siniora. « Nous ne réclamons que la justice. Est-ce un crime de réclamer la justice ? Nous n’acceptons pas que l’on nous mette devant le choix immoral entre justice et sécurité », a-t-il insisté.
« Nos martyrs ont été les victimes de cette vague de criminalité qui a dominé le Liban pendant une longue période avant et après l’assassinat de Rafic Hariri. Et d’aucuns, qui n’ont pas été soumis par le meurtre, se sont aplatis, eux et leur rêve, du fait de la peur », a-t-il ajouté dans une claire allusion au chef du PSP, Walid Joumblatt.
« Ce que le gouvernement a commis au sujet du TSL dans le texte qu’il a mis au point n’a pas de précédent. En cela, il s’est comporté comme une personne qui tient d’une main un crayon et de l’autre une gomme, la main gauche effaçant ce qu’écrit la main droite. Je n’ai, de ma vie, vu pareil savoir-faire dans la dérobade, le déni et la tromperie », a-t-il poursuivi.
« Et le plus grave est que le gouvernement et ceux qui le dirigent n’ont pas cru nécessaire de bouger le petit doigt lorsqu’il s’est trouvé quelqu’un, qui pourtant participe au cabinet, pour leur signifier leur incapacité à mettre la main sur les accusés aujourd’hui comme dans trois cents ans », a-t-il relevé.
S’adressant directement à M. Mikati, M. Siniora a dit : « Ce que vous avez fait, Monsieur le Premier ministre, c’est que vous avez joué avec de nombreuses questions importantes, comme par exemple vous taire sur la mainmise d’une fraction armée sur l’État et le système, transgresser les résolutions internationales, faire preuve d’inimitié à l’égard de larges fractions de Libanais et faire du Liban un État otage aux mains d’un axe régional. »
« Au lieu d’apprécier la position de Saad Hariri, lorsqu’il s’est montré prêt à boire la coupe amère pour que le Liban ait le bon fruit, on le calomnie et on l’accuse d’avoir voulu brader le sang de son père et de celui des martyrs pour satisfaire son appétit du pouvoir. Comme s’il avait eu une seule bonne journée depuis sa nomination et jusqu’à sa chute, survenue celle-ci à la suite d’un spectacle théâtral donné par dix acteurs, auxquels s’est joint un onzième qui s’était engagé auprès du chef de l’État avant de renier son engagement », a encore lancé M. Siniora.
Et d’ajouter : « Nous en avons assez de ces discours pompeux sans fin et de ces leçons de patriotisme et de résistance. » « L’un de ceux qui nous délivrent ces leçons est allé jusqu’à se targuer de proclamer la défaite des États-Unis, après avoir marché sur un tapis rouge étalé devant lui à titre de substitution », a-t-il dit, en allusion cette fois-ci au général Michel Aoun.
Et puis, « quelle est donc cette déclaration ministérielle qui, au lieu de renouveler l’engagement à l’égard du TSL, promet au peuple que le gouvernement va suivre de loin, avec des jumelles, l’action du tribunal, comme aux courses de chevaux ? » s’est interrogé M. Siniora, avant de reprocher à M. Mikati d’avoir renié son propre engagement à l’égard du TSL devant les Tripolitains.
« Puisque vous avez choisi l’ambigüité, la couverture du putsch contre le tribunal et le déni du droit des martyrs, sachez donc que Rafic Hariri vous dénie la confiance », a-t-il conclu.
Le dernier à prendre la parole à la Chambre, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a usé de mots particulièrement virulents à l’égard du chef du gouvernement, Nagib Mikati, l’accusant, entre autres, d’avoir « assuré une couverture au coup d’État » et de « nier le droit des martyrs » et lui retirant la caution de Rafic Hariri lui-même.« Le pouvoir a été saisi par la voie du coup d’État fondé sur le potentiel psychologique des armes et non pas par celui des urnes. Celles-ci avaient donné la victoire au 14 Mars. Si le 8 Mars avait remporté les élections de 2009 et avait formé le gouvernement sur cette base, cela aurait été son droit. Mais que l’on capture la majorité par le biais de l’hégémonie des armes, et dans le prolongement du putsch du 7 mai (2008), nous rejetons cela et nous refusons...
commentaires (2)

J'ai toujours pensé que Fouad Siniora avait la stature d'un grand homme d'Etat. La vraie résistance, c'est ce qu'il a accompli pendant de longs mois encerclé au Grand sérail ! Merci M. Siniora pour votre courage!

Nabil Kassem

08 h 02, le 08 juillet 2011

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Commentaires (2)

  • J'ai toujours pensé que Fouad Siniora avait la stature d'un grand homme d'Etat. La vraie résistance, c'est ce qu'il a accompli pendant de longs mois encerclé au Grand sérail ! Merci M. Siniora pour votre courage!

    Nabil Kassem

    08 h 02, le 08 juillet 2011

  • Assez théâtral mais digne d'une vraie démocratie. Roy ALLAM

    roy ALLAM

    04 h 01, le 08 juillet 2011

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