Réputées pour leur football offensif et spectaculaire, les équipes en lice dans cette édition 2011 de la Copa America ont toutes à l’exception du Chili et de la Colombie déçu pratiquant un jeu en demi-teinte. Jusqu’à présent, le spectacle se trouve plus dans les tribunes que sur la pelouse. Alejandro Pagni/AFP
Le refrain « tous les matches seront difficiles », déjà seriné au premier tour du Mondial 2010, résonne de nouveau. « Ce ne sera pas facile pour les grandes équipes, elles devront se battre à chaque match », a ainsi prévenu le gardien vénézuélien, Renny Vega, impeccable contre le Brésil.
Les équipes modestes comme le Pérou ont eu « beaucoup de temps pour se préparer », a relevé l’attaquant uruguayen Edinson Cavani. C’est l’avantage de s’appuyer sur des joueurs évoluant quasiment tous au pays, et qui n’ont pas connu une saison roborative comme celle de Neymar et Lionel Messi, tous deux couronnés champions d’Amérique du Sud et d’Europe en club.
Messi, justement, a livré une première période correcte, avant de s’éteindre après la pause. Trop de pression, ou bien des partenaires pas à la hauteur, comme le soutient le président de la Fédération argentine (AFA), Julio Grondona.
Le sélectionneur Sergio Batista a voulu bâtir un schéma « barcelonais » au service de son n° 10. Mais déjà, des voix s’élèvent au sein de l’Albiceleste pour en discuter la pertinence. « Je ne crois pas que la Seleccion doive jouer pour Messi, avance ainsi le milieu Javier Pastore. Il faut profiter de la vitesse des autres. Il n’y a pas que Messi. C’est un plus pour nous, oui, parce que c’est le meilleur du monde, mais il faut trouver un bon fonctionnement collectif. »
« Les gens attendent que Leo gagne les matches tout seul, mais on est onze sur le terrain à devoir apporter quelque chose, assurait lundi l’attaquant Sergio Agüero. Ce qu’il a fait au premier match a été bien, mais il n’y est pas arrivé parce que de manière générale on n’a pas fait un grand match. »
L’autre star argentine, Carlos Tevez, est passée à côté de son sujet. Le « joueur du peuple », qui vient d’annoncer son souhait de quitter Manchester City, est-il perturbé par l’incertitude de son avenir ?
Le match du quatuor d’attaque du Brésil a lui aussi fait l’effet d’une douche froide, le jour même où l’équipe féminine illuminait le Mondial en Allemagne (3-0 contre la Norvège). Et la presse brésilienne d’ironiser. « Ni Neymar, ni Ganso, ni Pato, ni même Messi. C’est Marta qui a joué au foot », écrivait ainsi Folha de São Paulo en hommage à la « Pelé en jupons », élue cinq fois d’affilée meilleure joueuse du monde par la FIFA.
La presse italienne s’est même moquée de Ganso, dans le viseur de l’AC Milan. « Il devait voir ce que les autres ne voient pas, mais non : il avait le regard troublé par le brouillard », écrivait La Gazzetta dello Sport, tandis que Tuttosport relevait cruellement : « C’est lui, le nouveau Kaka ? »
Diego Forlan, élu meilleur joueur du Mondial 2010 que l’Uruguay a terminé 4e, a produit une bonne prestation contre le Pérou (1-1), mais il a surtout raté la balle de match en face à face avec le gardien.
La météo annonce un redoux pour cette semaine, footballistique ?

