La présentation d’Office 365, une suite bureautique entièrement déclinée en applications Web.
Depuis le lancement de la version beta (expérimentale) en octobre 2010, plus de 200000 entreprises se sont déjà inscrites pour tester ces programmes qui permettent notamment à plusieurs collègues de collaborer en temps réel sur des contrats ou de faire des télé et visioconférences, y compris avec des téléphones et des systèmes Apple ou Android (conçu par Google).
M. Ballmer, lors du lancement qui avait lieu à Soho, à New York, a expliqué que ce produit s’adressait spécifiquement aux petites et moyennes entreprises, qui «représentent les deux tiers de la croissance mondiale de l’emploi».
«Pour être concurrentielles, les petites et moyennes entreprises ont besoin d’un avantage, qui ne nécessite pas un énorme investissement de départ», a souligné M. Ballmer.
Sassan Saedi, un cadre de Microsoft, a expliqué à l’AFP que moyennant un abonnement pouvant aller de 2 à 27 dollars par mois et par utilisateur (chaque utilisateur pouvant en bénéficier sur un à cinq ordinateurs), «tout fonctionne sur nos (serveurs), donc il n’y a plus besoin de serveur» dans les entreprises.
Selon Microsoft, «les entreprises qui ont testé Office 365 font déjà part de résultats impressionnants, avec une réduction des coûts informatiques pouvant aller jusqu’à 50% en parallèle avec une hausse de productivité».
Jim Yin, analyste chez Standard and Poor’s, a salué ce nouvel effort dans l’informatique dématérialisée, vu la concurrence de Google. «Nous pensons que les recettes tirées des abonnements seront d’abord modestes, mais elles finiront par cannibaliser les ventes de Microsoft Office (NDLR: la version classique accessible en programme fixe), les clients passant d’une version de bureau du programme à sa version dématérialisée.»
Office 365 rassemble la suite bureautique classique Microsoft Office (Excel, Outlook, Powerpoint, Word), ainsi que d’autres services en ligne de Microsoft, SharePoint, Exchange et Lync, «dans un service dématérialisé toujours à jour, à un prix fixe mensuel».
Une offre de lancement permet un mois d’expérimentation gratuit.
Pendant sa présentation, M. Ballmer n’a pas pu s’empêcher de lancer des piques contre Google, qui tente d’enlever des marchés à Microsoft, notamment certains ministères américains, avec ses applications professionnelles.
Google n’avait pas attendu le lancement de Microsoft pour énumérer, sur son blog, «365 raisons d’envisager les applications Google».
Un responsable de Google a notamment assuré que Office 365 était «optimisé pour les appareils et ordinateurs sous Windows», le système d’exploitation de Microsoft, alors que les «Google Apps» sont «conçues pour bien marcher sur tout appareil, sous tout système d’exploitation».
Google, qui estime que Microsoft se contente d’adapter un système ancien aux impératifs de l’informatique dématérialisée, à la différence de ses programmes conçus dès l’origine en exploitant ses propres serveurs, fournit ses programmes professionnels moyennant 50 dollars par an et par utilisateur aux entreprises.
Office, plus gros poste de recettes de Microsoft devant Windows depuis le lancement de la mise à jour Office 2010 il y a un an, est une branche très profitable pour le groupe de Redmond, qui lui a rapporté plus de 3 milliards de dollars sur le seul premier trimestre (+21 %).

