Rechercher
Rechercher

Culture - Théâtre

« Des coulisses à la scène », le regard de Nadine Mokdessi...

Une vingtaine de jeunes mordus des planches, tous étudiants en classe d’art dramatique débutant sous la férule de Nadine Mokdessi, ont présenté un spectacle au Monnot intitulé « Des coulisses à la scène ».

Dans un décor fait de bric et de broc, des saynètes amusantes...(Photo Hassan Assal)

Envers du décor où acteurs et public sont à la même enseigne : trac, expectative, transe et autres frivolités illusoires. Pour un coup d’essai, si ce n’est pas un coup de maître, c’est un délassant et bon moment de théâtre avec un texte choisi en toute finesse et subtilité.
Le décor est fait de bric et de broc : une banquette en bois, un téléphone, un tabouret, un paravent, des chaises, un extincteur, un panier en osier, un portemanteau, des costumes accrochés sur une barre en fer... Objets hétéroclites pour servir de fond de scène à des saynètes, de teneurs inégales et plus ou moins prestement enlevées.
Un patchwork de scènes amusantes pour décrire, en toute légèreté et sans forcer les cordes, le désarroi et les attentes des acteurs et du public...
Cela commence sur un ton d’austérité avec les deux braves femmes en noir qui s’assurent que tout fonctionne bien : lumière, son et autres accessoires indispensables pour mener à bien le jeu de l’illusion... Et s’enchaînent les duos ou soliloques pour évoquer un mari qui ronfle, un artiste qui se prend pour l’épave de la Méduse, des spectatrices rigolotes qui voudraient bien être sous les feux la rampe, un énergumène qui « boit » spot bleu et symphonie de Beethoven (Gérard Bejjani a de la graine d’un bon acteur), une souffleuse qui a une agressive nostalgie de la comédienne qu’elle n’a jamais été (un bon point pour Sabine Affaki quand elle sort de ses gongs), une femme souriante qui ne sait pas être en colère, une metteuse en scène mégalo et toquée (admirable Diala Gemayel, telle une Alice Sapritch inattendue, qui par cette seule prestation époustouflante donne à tout le spectacle un souffle inénarrable), un couple qui se défait devant une sœur qui fait ses tirades de Phèdre à la Comédie française (encore Diala Gemayel, impayable cette fois en turban de bégum), et ainsi se clôt cette ronde endiablée, agitée et fantaisiste du monde du théâtre.
Un monde farfelu, aux notes joyeuses, teintées d’humour, de dérision et d’une certaine satire que n’aurait pas décriée La Bruyère sur les travers des humains tant la folie, la démesure et les incurables illusions les régissent et les habitent.
Les textes, signés Philippe Absous, Catherine Blanchard, Jean-Paul Alègre, Fréderic Sabrou, Guy Boissy, Jean-Michel Ribes et Raymond Devos, sont interprétés avec enthousiasme et ferveur par des acteurs qui mettent, de toute évidence, toute leur énergie et leur talent à les défendre.
Si certaines voix, articulations ou prononciations de la langue française ont du mal parfois à atteindre l’auditoire, par contre la mise en scène de Nadine Mokdessi, jamais en faute de goût et menée tambour battant comme d’habitude, donne à l’ensemble cohérence, unité et élégance. Avec ce premier spectacle des novices qui ne le sont pas tout à fait, voilà un nouveau vivier de talent à cultiver, explorer et exploiter pour le théâtre francophone au Liban dans le très proche futur... Et on l’attend de pied ferme !
Envers du décor où acteurs et public sont à la même enseigne : trac, expectative, transe et autres frivolités illusoires. Pour un coup d’essai, si ce n’est pas un coup de maître, c’est un délassant et bon moment de théâtre avec un texte choisi en toute finesse et subtilité.Le décor est fait de bric et de broc : une banquette en bois, un téléphone, un tabouret, un paravent, des chaises, un extincteur, un panier en osier, un portemanteau, des costumes accrochés sur une barre en fer... Objets hétéroclites pour servir de fond de scène à des saynètes, de teneurs inégales et plus ou moins prestement enlevées.Un patchwork de scènes amusantes pour décrire, en toute légèreté et sans forcer les cordes, le désarroi et les attentes des acteurs et du public...Cela commence sur un ton d’austérité avec les deux...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut