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Moyen Orient et Monde - Révolte

Accueil mitigé pour la réunion des opposants à Damas

La réunion des opposants syriens lundi à Damas a suscité des sentiments mitigés chez les contestataires, qui ont continué à manifester contre le régime du président Bachar el-Assad, ce dernier poursuivant la vague d’arrestations dans les rangs des manifestants. La communauté internationale, Washington et Paris en tête, a vu dans cette réunion « un pas dans la bonne direction » de la part du régime syrien.

Des réfugiés syriens en Turquie organisent leur séjour dans leur camp de fortune, à Hatay. Osman Orsal/Reuters

La réunion d’opposants syriens lundi en plein cœur de Damas a suscité des sentiments mitigés chez les contestataires, qui ont continué de manifester contre le régime du président Bachar el-Assad.
« Des manifestations nocturnes ont eu lieu un peu partout pour appeler à la chute du régime et dénoncer la réunion d’opposants », a affirmé le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel-Rahmane, basé à Londres. « Des milliers de contestataires ont défilé à Homs, entre 7 000 et 10 000 personnes ont manifesté à Hama, entre 5 000 et 7 000 à Deir ez-Zor et ils étaient plus de 2 000 à Idleb », a-t-il précisé. Les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au régime ont également défilé dans les villes côtières de Jablé et de Lattaquié, ainsi que dans des quartiers de Damas, ceux de Qaboun et de Barzé. « Ils rejettent tout dialogue avec le pouvoir », a-t-il affirmé. M. Abdel-Rahmane a en outre fait état d’arrestations par les forces de sécurité de contestataires à Roukn Eddine et Barzé à Damas, à Idleb, ainsi que dans le village d’al-Najia, frontalier de la Turquie. Il a également indiqué que des dizaines de chars et de blindés de l’armée ont pénétré hier dans le village d’al-Rami, dans la province de Idleb. Selon d’autres militants antirégime, les troupes ont tiré des balles traçantes et des fusées éclairantes, et des tirs étaient entendus depuis le village voisin d’Irm al-Joz. Selon un site Internet, le régime amènerait des gens en bus dans la région de Zabadani, près de Damas, pour y tenir des rassemblements pro-Assad. À Deraa, des affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les militaires. Des hélicoptères de l’armée survoleraient Hauran et des chars auraient pénétré dans Jisr al-Kherba.
Les militants pour la démocratie ont critiqué sur Facebook la réunion de Damas, jugeant qu’elle s’était déroulée « sous la bannière du régime » tyrannique et s’interrogeant sur l’utilité de redorer son image. « Personne n’aurait dû légitimer le régime aux dépens du sang de nos martyrs », estiment les comités de coordination de la révolution syrienne qui chapeautent les manifestants en Syrie. L’avocat des droits de l’homme Anouar Bounni, sorti il y a peu de prison, est plus optimiste. Cette réunion, dit-il, a « réussi à consacrer le droit à se réunir sur le sol de la patrie d’une manière légitime et publique, et celui d’exprimer avec clarté des opinions hostiles au pouvoir sans être arrêté ou intimidé ». D’autres y ont vu un signe du « déclin » du régime.

Washington et Paris voient un « pas positif » du régime
« C’est un événement important, la première réunion de ce genre depuis des décennies », a souligné le département d’État américain, estimant qu’elle témoigne « d’un pas dans la bonne direction » de la part du régime syrien, même si « bien plus doit être fait ». « Nous sommes satisfaits de voir qu’il a été permis à l’opposition de respirer un peu », a affirmé une porte-parole, Victoria Nuland, dans ce qui semble une inflexion importante de la position américaine envers le régime. De son côté, Paris a jugé « positive » la réunion de lundi à Damas et a espéré qu’elle marquera le point de départ d’un dialogue national ouvrant la voie à une solution à la crise syrienne.
En Russie, pays qui soutient le régime de Damas, une délégation d’opposants syriens a rencontré hier Mikhaïl Marguelov, l’émissaire du Kremlin pour l’Afrique. « La Russie peut recourir à des moyens de pression sur le régime syrien pour lui faire clairement comprendre que ce type de comportement (la répression de l’opposition) est inacceptable », a déclaré Radwan Ziadeh, fondateur du Centre de Damas d’étude des droits de l’homme. M. Ziadeh a également appelé la Russie à soutenir une résolution de l’ONU condamnant la répression en Syrie. En outre, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, effectue à partir de demain une visite de deux jours en Russie, au cours de laquelle il évoquera la situation en Syrie.
À Londres, l’ambassadeur de Syrie a été convoqué au Foreign Office pour s’expliquer à propos « d’intimidations par un diplomate de Syriens résidant au Royaume-Uni rapportées par la presse », a annoncé le ministère britannique des Affaires étrangères. Enfin, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a appelé hier au renforcement des relations économiques avec la Syrie, frappée par des sanctions américaines et européennes, et insisté sur l’importance pour la région de la stabilité de ce pays.
(Sources : rédaction et agences)
La réunion d’opposants syriens lundi en plein cœur de Damas a suscité des sentiments mitigés chez les contestataires, qui ont continué de manifester contre le régime du président Bachar el-Assad.« Des manifestations nocturnes ont eu lieu un peu partout pour appeler à la chute du régime et dénoncer la réunion d’opposants », a affirmé le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel-Rahmane, basé à Londres. « Des milliers de contestataires ont défilé à Homs, entre 7 000 et 10 000 personnes ont manifesté à Hama, entre 5 000 et 7 000 à Deir ez-Zor et ils étaient plus de 2 000 à Idleb », a-t-il précisé. Les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au régime ont également défilé dans les villes côtières de Jablé et de Lattaquié, ainsi que dans des quartiers de...
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