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Liban - La Situation

Dissonances interministérielles persistantes autour du TSL

Au terme de la cinquième réunion, hier, de la commission ad hoc chargée de plancher sur la déclaration ministérielle, Mohammad Fneiche, ministre hezbollahi, a lancé une petite phrase qui pourrait n’être qu’une simple boutade, mais qui pourrait aussi représenter un indice précurseur particulièrement significatif : « Le Tribunal (spécial pour le Liban) pourrait nous parvenir avant que nous puissions parvenir à discuter de la clause relative au tribunal. »
Cette déclaration laconique intervient dans un contexte marqué depuis quelques jours par un flot de rumeurs, d’indiscrétions et de contre-indications portant sur l’imminence ou non de la publication de l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban. Au cours des dernières vingt-quatre heures, les informations les plus contradictoires ont circulé dans le pays à cet égard. Alors que divers médias, organes de presse et hauts responsables politiques et diplomatiques, aussi bien locaux qu’étrangers, faisaient état de l’imminence de la divulgation de ce document, d’autres sources affirmaient qu’il n’en est rien et que l’échéance attendue par les Libanais depuis de (très) longs mois est moins proche que certains ne le pensent.
Il reste que la petite phrase du ministre Mohammad Fneich tend à accréditer la thèse optimiste. Une autre allusion du procureur Saïd Mirza pourrait aussi donner lieu dans ce cadre à toute sorte d’interprétation. Dans une déclaration à la Future TV, le juge Mirza a ainsi indiqué que le parquet n’a pas « jusqu’à présent » reçu « l’acte d’accusation », « ni un quelconque document en rapport avec cet acte d’accusation, ni la liste des noms des accusés ». Le terme « jusqu’à présent » est-il un simple abus de langage, ou a-t-il été utilisé de manière à confirmer les indiscrétions selon lesquelles l’acte d’accusation a été bel et bien avalisé et qu’il sera rendu public dans les tout prochains jours ? Là aussi, difficile de s’aventurer pour accréditer l’une ou l’autre thèse.
Face à la douche écossaise à laquelle sont soumis les Libanais, certaines certitudes sont malgré tout apparues au cours des dernières vingt-quatre heures. D’abord, la précision fournie par le juge Mirza qui a affirmé que contrairement à ce que laissent entendre certains responsables, l’acte d’accusation ne sera pas tenu secret et sera divulgué au public « dès sa parution », a souligné le procureur. « Nous ne le maintiendrons pas secret, pas même une heure de temps », a-t-il indiqué.
Seconde certitude : il se confirme de diverses sources concordantes que de sérieuses dissonances sont apparues au sein du gouvernement, notamment au sein de la commission chargée d’élaborer la déclaration ministérielle, au sujet de la clause portant sur le TSL. Les divergences opposent le Hezbollah et son allié aouniste, d’une part, au camp formé par les ministres représentant le président de la République, le Premier ministre et le leader du PSP, Walid Joumblatt, d’autre part. Le Hezbollah et le CPL (soutenus sans doute en cela par les ministres d’Amal) rejettent en effet toute formule qui ferait allusion à un quelconque engagement du gouvernement à l’égard du tribunal international, alors que le camp Sleiman-Mikati-Joumblatt prône une formule linguistique – ou plutôt une « gesticulation » linguistique – suffisamment floue pour tenir compte de la position du Hezbollah sans pour autant que l’exécutif renie ses engagements à l’égard du TSL et des résolutions internationales.
Les dissonances apparues clairement sur ce plan sont telles que la commission chargée de la déclaration ministérielle n’a pas encore abordé la question épineuse du TSL, comme l’a souligné lui-même le ministre de l’Information, Walid Daouk, hier soir à l’issue de la cinquième réunion de la commission ministérielle ad hoc qui s’est tenue dans l’après-midi au Grand Sérail. Si cette commission n’a pas encore planché sur cette clause, c’est parce qu’elle attend le résultat des discussions qui se déroulent à ce propos en coulisse, loin des feux de la rampe. Ces discussions n’ayant encore abouti à aucune percée, le débat à ce sujet au sein de la commission ad hoc est reporté jusqu’à ce que la formule magique se dégage des coulisses interministérielles. Mais le Premier ministre est engagé sur ce plan dans une course contre la monte du fait que le cabinet a jusqu’au 13 juillet pour élaborer sa déclaration ministérielle.
Cette tâche paraît d’autant plus difficile que le Hezbollah semble adopter une attitude intransigeante au sujet du TSL et des résolutions internationales. Le ministre Fneich a ainsi tenu hier soir à rappeler que « la position du Hezbollah concernant le tribunal international reste constante et n’a pas changé ». Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, a été encore plus explicite en soulignant que la teneur de la déclaration ministérielle reflétera exclusivement la volonté de la nouvelle majorité. En clair, le gouvernement ne devrait pas se laisser influencer sur ce plan par la position des instances internationales ou même se laisser embarrasser par les engagements internationaux du Liban. Sauf que le Hezbollah et ses alliés oublient un peu trop vite, ou feignent d’oublier, que le Tribunal spécial pour le Liban a été formé par le Conseil de sécurité sous le chapitre VII ...

 

M.T.

Au terme de la cinquième réunion, hier, de la commission ad hoc chargée de plancher sur la déclaration ministérielle, Mohammad Fneiche, ministre hezbollahi, a lancé une petite phrase qui pourrait n’être qu’une simple boutade, mais qui pourrait aussi représenter un indice précurseur particulièrement significatif : « Le Tribunal (spécial pour le Liban) pourrait nous parvenir avant que nous puissions parvenir à discuter de la clause relative au tribunal. » Cette déclaration laconique intervient dans un contexte marqué depuis quelques jours par un flot de rumeurs, d’indiscrétions et de contre-indications portant sur l’imminence ou non de la publication de l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban. Au cours des dernières vingt-quatre heures, les informations les plus contradictoires ont circulé...
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