Un des plus brillants musiciens de la jeune génération.
«D’un monde à l’autre», tel est le thème retenu cette saison par le Festival d’Île-de-France. Et autour des mondes imaginaires ou rêvés, peuplés de créatures étranges ou merveilleuses, les amateurs de musique se trouvent entraînés dans une multitude de lieux variés et souvent inaccessibles au public, tels des châteaux, églises, cirques et même anciennes fabriques ou fermes pittoresques.
C’est donc dans ce cadre que le Festival d’Île-de-France a commandé à Ibrahim Maalouf une œuvre musicale sur le thème d’«Alice au pays des merveilles» d’après l’œuvre de Lewis Carroll, entreprise ambitieuse et multiple, regroupant une pléiade d’artistes très différents les uns des autres. Le livret en est confié à Oxmo Puccino, rappeur français d’origine malienne, dont la principale singularité réside dans une écriture basée sur les métaphores et dont le lien avec la chanson française lui vaut le surnom de «Black Jacques Brel». Il est accompagné d’un grand chœur d’environ 200 chanteurs, composé de plusieurs ensembles de la région parisienne, dont le chœur de chambre les Courants d’airs, dirigé par Olivier Plaisant, et l’ensemble vocal Varia Voce, dirigé par Agathe Bioulès. Un ensemble instrumental, composé du quintette d’Ibrahim Maalouf et d’instrumentistes du Conservatoire d’Aubervilliers, complète cette distribution inédite et éclectique.
Ibrahim Maalouf est l’un des plus brillants représentants de la jeune génération des musiciens libanais à l’étranger. Né en 1980, fils de Nassim Maalouf, qui est lui-même l’inventeur de la trompette au quart de ton, ce jeune compositeur, arrangeur et trompettiste est lauréat de nombreux concours internationaux. Il manie avec un égal bonheur le jazz, la musique arabe traditionnelle et contemporaine et la musique occidentale dite «classique». Il est aujourd’hui l’un des musiciens les plus demandés de la scène française. Dans le projet d’«Alice au pays des merveilles», Ibrahim Maalouf propose de «suivre l’histoire en musique de manière chronologique» et de donner vie à chaque élément marquant du récit par une chanson. Il perçoit le récit de Lewis Carroll comme une «ode à l’irrationnel et à l’absurde», ce qui lui donne l’envie de se diriger vers «un univers qui se tient, mais qui fonctionne également selon une non-logique».
Le public libanais aura l’occasion de découvrir Ibrahim Maalouf et d’apprécier sa virtuosité de trompettiste cet été dans le cadre du Festival de Beiteddine, où il se produira le mercredi 27 juillet avec son quintette.
Les compositeurs libanais, quel que soit leur registre, acquièrent de plus en plus de reconnaissance à l’étranger, témoignant ainsi du rayonnement du Liban et de sa culture singulière par-delà les
frontières.
Zeina Saleh KAYALI
Chargée de mission,
Délégation du Liban
près l’Unesco


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