« Cela ne remet pas en cause le principe de la liberté de circulation » des citoyens au sein de Schengen, l’espace sans frontières au sein de l’UE, mais « permet de contrôler cette liberté de circulation », a assuré le chef de l’État français Nicolas Sarkozy devant la presse. « Il s’agit d’améliorer Schengen, de le rendre plus adapté aux exigences des citoyens », a pour sa part souligné le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
L’élément le plus controversé est la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières nationales des pays de l’espace Schengen lorsqu’un État n’est plus en mesure de contrôler sa partie de frontière extérieure en cas de pression migratoire « forte et inattendue ». La déclaration commune des chefs d’État et de gouvernement de l’UE insiste sur son « caractère exceptionnel », conditionne son recours à « une situation véritablement critique », limite sa durée et prévoit une évaluation commune de son bien-fondé.
Cécilia Malmström, commissaire en charge de l’asile et des migrations, s’inquiète également des risques de dérive sécuritaire dictée par les partis d’extrême droite et les mouvements populistes de plus en plus actifs dans l’UE. Ce sentiment est entretenu par les prises de position de Nicolas Sarkozy, qui rejette les demandes en matière d’asile et de protection internationale « par souci de ne pas créer d’effet d’appel ».
Parallèlement, l’Union européenne a offert hier un cadeau à la Croatie pour le 20e anniversaire de la proclamation de son indépendance en donnant son feu vert de principe à l’adhésion du pays à l’horizon de l’été 2013. Le Premier ministre croate, Jadranka Kosor, invitée à Bruxelles par le président de l’UE, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué une décision « historique ».
La déclaration des dirigeants européens insiste pour que la Croatie, deuxième État issu de l’ex-Yougoslavie après la Slovénie à rejoindre l’UE, poursuive « ses efforts de réforme, notamment en ce qui concerne le secteur judiciaire et les droits fondamentaux ». À cet effet, les États de l’UE ont prévu la mise en place d’un « dispositif de suivi », confié à la Commission européenne, pour s’assurer que Zagreb tiendra ses promesses jusqu’à la ratification du traité d’adhésion.
Après la signature du traité attendue mi-décembre, un référendum sera organisé en Croatie avant que les 27 de l’UE se prononcent à leur tour sur l’adhésion de Zagreb par voie parlementaire ou référendaire. Si le processus ne déraille pas, la Croatie pourrait devenir le 28e membre de l’UE le 1er juillet 2013.
(Source : AFP)

