Oussama al-Noujaifi, qui a quitté mardi Bagdad pour Washington, soulèvera la question de cet argent qui a disparu et dont personne jusqu'à présent n'a trouvé trace, a affirmé à l'AFP, le député sadriste Baha al-Araji, président de la commission anti-corruption au Parlement.
La semaine dernière, des responsables américains ont reconnu que 6,6 milliards de dollars avaient disparu. Les Irakiens estiment que 17,7 milliards de dollars ont été volés par des institutions américaines corrompues.
"M. Noujaifi doit aborder plusieurs sujets, dont la question de ces fonds, lors de la visite qu'il effectue actuellement aux Etats-Unis", a-t-il dit. "Nous avons interrogé (sur cette question) les forces américaines en Irak mais sans obtenir de réponse".
Cet argent provient des revenus pétroliers après l'invasion conduite par les Etats-unis en 2003. Il était placé dans le Fonds de développement pour l'Irak (FDI) en 2004 quand l'Autorité provisoire de la coalition (CPA) dirigée par Paul Bremer gouvernait l'Irak et gérait ce fonds.
Dans une lettre du 11 mai adressée à la représentation de l'ONU en Irak (UNAMIS) et dont l'AFP a eu copie, la commission anti-corruption du Parlement accuse les institution américaines qui travaillaient sous le contrôle de la CPA (mai 2003 - 28 juin 2004) d'avoir volé cet argent.
"Les institutions américaines qui opéraient en Irak ont commis un crime, en volant l'argent du peuple irakien qui devait être consacré au développement du pays", affirme-t-elle.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'UNAMI Randa Jamal a affirmé que "l'ONU n'avait reçu aucune lettre officielle ni demande en ce sens jusqu'à présent".
L'Irak s'est adressée à l'ONU car c'est la résolution 1483 du Conseil de sécurité du 22 mai 2003, qui avait transféré au FDI, contrôlé par la CPA, l'autorité pour dépenser les revenus provenant du pétrole.
Le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh a affirmé mercredi que la disparition de ces milliards de dollars avait été discutée au plus haut niveau de l'Etat à Bagdad.
"Nous appelons les institutions américaines qui sont liées à cette affaire à garantir les droits des Irakiens et à fournir tous les documents (concernant cette période) aux contrôleurs des comptes irakiens", a souligné M. Dabbagh dans un communiqué.
L'ambassade américaine à Bagdad a assuré travailler avec les autorités irakiennes pour retrouver ces fonds.
"Les gouvernements irakien et américain ont une volonté de transparence et de responsabilité concernant l'histoire du FDI", a assuré le porte-parole américain David Ranz.
"Nos deux gouvernements travaillent ensemble, avec l'Inspecteur général spécial (américain) pour la reconstruction de l'Irak afin de vérifier tous les fonds dépensés par le FDI au bénéfice des Irakiens", a-t-il dit.
"La question n'est pas d'obtenir cet argent mais de montrer que les Américains n'ont rien fait en Irak. Ils ont repris avec la main gauche ce qu'ils ont donné avec la main droite", a assuré Jawad al-Chehaili, un député sadriste très hostile à la présence américaine.
Le 10 juin, un parlementaire américain en visite à Bagdad avait demandé aux Irakiens de rembourser une partie des frais engagés par les Etats-Unis en Irak depuis l'invasion de 2003 qui avait entraîné la chute du régime de Saddam Hussein.


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