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Couverture spéciale de la révolte en Tunisie - Reportage

Procès Ben Ali en Tunisie: "pas vraiment un soulagement"

"Ce procès n'est pas vraiment un soulagement", déplore un militant des droits de l'homme, à l'ouverture lundi du procès de l'ex-président tunisien Ben Ali et de son épouse, réfugiés en Arabie saoudite et absents du banc des accusés.
Devant le tribunal, une cinquantaine de personnes scandent des slogans dénonçant une "mascarade" ou une "parodie de justice".
"Ben Ali est en Arabie saoudite, mais sa bande est encore en Tunisie", proclament des pancartes ou bien "il s'est enfui comme un rat, mais il n'échappera pas à la justice".
Dans la salle bondée du tribunal de première instance de Tunis, les premiers rangs sont occupés par une nuée d'avocats dont certains se sont débarrassés de leur robe professionnelle à cause de la chaleur étouffante.
Ils sont venus assister à une première en Tunisie: le procès du président qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 23 ans.
Certains avocats sautent par dessus les bancs pour pouvoir se rapprocher et se font rabrouer par les quelques membres du public présents qui leur reprochent d'être trop nombreux.
Un magistrat procède à une longue lecture de l'acte d'accusation, retraçant la découverte de devises, de bijoux en or, certains d'une grande valeur, dans deux palais abandonnés à la hâte par l'ex-président le 14 janvier, à l'issue d'un mois d'une puissante révolte populaire.
On entend des cris à l'extérieur de la salle d'audience, dans laquelle un homme se tient debout, stoïque, avec un portrait de M. Ben Ali barré par du mot WANTED.
"Ce n'est pas vraiment un soulagement ce procès: plus le juge lit plus je me demande si on était dans un Etat ou un repaire de malfrat", lâche Mokhtar Trifi président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme pendant la lecture de l'acte d'accusation.
Des avocats, venus en observateurs contestent le zèle du juge qui lit lentement tout l'acte d'accusation. "C'est un procès par contumace, il n'est pas obligé de lire", note l'un d'entre eux.
D'autres collègues appuient le choix du magistrat: "c'est une garantie de transparence et de justice. Sinon il aurait pu émettre son verdict dans son bureau. Le public, la presse et la lecture de l'acte d'accusation, ce sont des garanties pour l'accusé, même s'il est absent", fait valoir un autre.
Un avocat de la défense, qui a été commise d'office, s'exprime à son tour et réclame un report pour avoir le temps de préparer la défense de M. Ben Ali.
Dehors, des Tunisiens n'ayant pas réussi à entrer dans la salle ne mâchent pas leurs mots.
"Ils vont juger quoi, de l'air? Ca n'a aucun sens", peste Mohamed Salah Zaalouni, un garçon de café.
"L'important c'est de traduire en justice ceux qui sont responsables de la mort de martyrs", dit à l'AFP Me Mohamed Abidi, faisant allusion aux quelque 300 personnes mortes pendant la répression de la révolte qui a précédé la fuite de M. Ben Ali.
"Le gouvernement essaie de montrer que les choses ont changé. Mais rien n'a changé. Les criminels sont toujours libres. Ce procès est une pièce de théâtre", lance-t-il.
Fatima, 64 ans, qui a un fils en prison depuis des années, souhaite que Ben Ali "paie" pour les Tunisiens tués pendant la "révolution" mais aussi pour ceux qui ont été contraints à l'immigration par la pauvreté et le chômage.
Un autre, Chokri, juge pour sa part le procès utile et souhaite que tout soit divulgué sur les délits reprochés à l'ex-couple présidentiel.
"Ce procès n'est pas vraiment un soulagement", déplore un militant des droits de l'homme, à l'ouverture lundi du procès de l'ex-président tunisien Ben Ali et de son épouse, réfugiés en Arabie saoudite et absents du banc des accusés.Devant le tribunal, une cinquantaine de personnes scandent des slogans dénonçant une "mascarade" ou une "parodie de justice"."Ben Ali est en Arabie saoudite, mais sa bande est encore en Tunisie", proclament des pancartes ou bien "il s'est enfui comme un rat, mais il n'échappera pas à la justice".Dans la salle bondée du tribunal de première instance de Tunis, les premiers rangs sont occupés par une nuée d'avocats dont certains se sont débarrassés de leur robe professionnelle à cause de la chaleur étouffante.Ils sont venus assister à une première en Tunisie: le procès du président qui a...