Honni des manifestants, le cousin germain de Assad se lance dans le caritatif.
OLJ /
le 18 juin 2011 à 01h18
Rami Makhlouf, 41 ans, est l’un des hommes les plus vilipendés par les manifestants syriens. Il a fait fortune, notamment grâce à sa participation de 40 % dans le capital de Syriatel, le plus important opérateur de téléphonie mobile en Syrie. « Les profits des actions que je possède dans Syriatel seront reversés à des œuvres humanitaires et de charité, ainsi qu’à des projets de développement » pour la population du pays, a-t-il déclaré jeudi. « Je ne vais pas me lancer dans de nouveaux projets avec lesquels je pourrais tirer des bénéfices personnels et je vais me dévouer au travail humanitaire », a ajouté le cousin germain du président Bachar el-Assad. Accusé de corruption par le mouvement de contestation, il a justifié sa démarche assurant qu’il ne voulait plus « être un poids pour la Syrie, son peuple et son président à partir de maintenant ». Il y a quelques semaines son discours était pourtant plus agressif. Il déclarait ainsi le 10 mai dans un entretien au New York Times que le régime baasiste, au pouvoir depuis 1963 en Syrie, allait « se battre jusqu’au bout » en ajoutant : « Personne ne peut garantir ce qui se produira si quelque chose arrive à ce régime. » Rami et son frère Ihab ont une fortune personnelle qui dépasserait, selon certaines estimations, les 3 milliards de dollars et contrôleraient de manière directe ou indirecte jusqu’à 60 % de l’économie syrienne. Outre les télécoms, leur empire s’étend au BTP, à l’immobilier, à la banque et à la grande distribution. Un troisième frère, Hafez Makhlouf, est un haut responsable des services de sécurité syriens. Depuis le début du mouvement de contestation, les agences de Syriatel sont prises pour cible par les manifestants qui voient en Rami Makhlouf le symbole de la corruption du régime et des inégalités qui se sont creusées dans le pays avec la privatisation de pans entiers de l’économie. Les États-Unis et l’Union européenne l’ont d’ailleurs placé sur la liste des personnes visées par les sanctions, Washington depuis 2008 et l’UE depuis mai dernier. Interrogé par le New York Times sur le pourquoi de ces sanctions, il avait répondu : « Parce que je suis le cousin du président, c’est tout. » Mais le Trésor américain avait été plus explicite lorsqu’il avait décidé de sanctions contre lui en février 2008 : « Rami Makhlouf a eu recours à l’intimidation et à ses relations proches avec le régime d’Assad pour obtenir des avantages commerciaux non justifiés aux dépens des Syriens ordinaires », avait indiqué le Trésor dans un communiqué. « La corruption et le népotisme ont un effet corrosif, désavantageant les hommes d’affaires syriens honnêtes et isolant un régime qui poursuit des politiques répressives », soulignait-on encore de même source. Sa reconversion dans l’humanitaire reste donc à confirmer. (Source : AFP)
Rami Makhlouf, 41 ans, est l’un des hommes les plus vilipendés par les manifestants syriens. Il a fait fortune, notamment grâce à sa participation de 40 % dans le capital de Syriatel, le plus important opérateur de téléphonie mobile en Syrie. « Les profits des actions que je possède dans Syriatel seront reversés à des œuvres humanitaires et de charité, ainsi qu’à des projets de développement » pour la population du pays, a-t-il déclaré jeudi. « Je ne vais pas me lancer dans de nouveaux projets avec lesquels je pourrais tirer des bénéfices personnels et je vais me dévouer au travail humanitaire », a ajouté le cousin germain du président Bachar el-Assad. Accusé de corruption par le mouvement de contestation, il a justifié sa démarche assurant qu’il ne voulait plus « être un poids pour la Syrie, son...
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