Hier soir, le roi du Maroc, Mohammad VI, a présenté une réforme de la Constitution. Photo Reuters
La réforme prévoit aussi la création d’un Conseil suprême de sécurité au sein duquel seront examinées les questions intérieures mais aussi de sécurité extérieure. Ce Conseil sera notamment composé du Premier ministre, des présidents des deux Chambres du Parlement et de responsables de l’armée.
La réforme élargit le champ de compétences du Parlement, notamment « l’amnistie générale », qui est jusqu’à présent du seul ressort du monarque. Elle défend toutefois au souverain d’importantes prérogatives politiques. Son statut de commandeur des croyants est ainsi préservé et en fait la seule autorité religieuse du royaume.
Le nouveau projet constitutionnel prévoit également de garantir l’indépendance de la justice vis-à-vis des pouvoirs législatif et judiciaire, et permet au « Premier ministre de nommer aux fonctions civiles et dans les administrations publiques, dans les fonctions supérieures et les institutions ainsi que les entreprises publiques ». Ces pouvoirs de nomination, qui concernent les hauts fonctionnaires civils de l’État, sont exercés par le roi Mohammad VI en vertu de l’actuelle Constitution marocaine.
En matière religieuse, le projet de réforme constitutionnelle prévoit en outre la suppression de la disposition qui considère le caractère « sacré » de la personne du roi. Elle a été remplacée par l’expression : « L’intégrité de la personne du roi ne peut être violée. » Cette nouvelle expression est « différente par rapport à la première. Car le terme “sacré”, surtout en arabe, a une forte connotation religieuse », a indiqué le politologue Mohammad Darif. « Cette nouvelle formule ne cherche pas à donner une dimension religieuse à la personne du roi, mais elle met plutôt en exergue ses responsabilités politiques », ajoute M. Darif.
La nouvelle Constitution doit également confirmer que l’islam reste la religion de l’État et que la liberté de culte est garantie.
Le roi reste aussi le chef des armées et dispose du pouvoir d’accréditer les ambassadeurs et les diplomates.
La nouvelle Loi fondamentale a par ailleurs désigné le berbère comme langue officielle à côté de l’arabe dans ce royaume de 32 millions d’habitants.
Pour Nadjib Chaouki, du mouvement du 20-Février, ce projet « ne répond pas à l’essentiel de nos revendications, c’est-à-dire l’instauration d’une monarchie parlementaire ». « Nous passons d’une monarchie absolue de facto à une monarchie constitutionnelle », a-t-il ajouté.
Le 9 mars, Mohammad VI, 47 ans, avait promis des réformes politiques pour répondre aux attentes des jeunes manifestants du mouvement du 20-Février. Le roi Mohammad VI a annoncé la tenue d’un référendum le 1er juillet sur ce projet de nouvelle Constitution.
(Source : agences)

