"2011 sera, je pense, une très mauvaise année pour la paix", a déclaré le souverain dans un entretien publié par le Washington Post.
"En dépit du fait que nous allons continuer à essayer d'amener les deux parties autour de la table de négociations, je n'ai jamais été aussi pessimiste depuis onze ans", a précisé le souverain hachémite.
Brossant un tableau très noir de la situation, le monarque s'est ensuite demandé: "si on ne parvient à une solution avec deux Etats (un israélien et un palestinien, ndlr) alors ce sera une solution à un Etat et dans ce cas est-ce que ce sera l'apartheid ou la démocratie?"
Les Palestiniens veulent un Etat dont les frontières seraient celles de 1967, une exigence rejetée fermement par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le président américain Obama, lors de son voyage aux Etats-unis le 20 mai dernier.
La direction palestinienne entend également de réclamer une reconnaissance d'un Etat palestinien par l'ONU en septembre prochain.
Abdallah II, dont le pays connaît quelques manifestations depuis le début de l'année, avait déclaré il y a un mois que les soulèvements populaires dans plusieurs pays du Proche-Orient et du Maghreb constituaient une "occasion unique" de progresser en vue d'obtenir un accord de paix, ajoutant que les deux parties n'avaient toutefois pas saisi cette occasion.
Selon lui, avec les révoltes en cours, Israël sera plus que jamais entouré par des gouvernements arabes hostiles.
Le souverain jordanien prédit une recrudescence de la violence avant d'exprimer sa préoccupation sur la perte de crédibilité des Etats-unis en tant que "courtier honnête" dans le processus de paix et du fait du soutien inconditionnel de Washington à l'Etat hébreu.
"Quand vous recevez des milliards de dollars d'aide, des armes, des munitions, vous n'apprenez cette leçon que la guerre est mauvaise et que personne ne gagne", estime Abdallah II.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine