M. Amine Gemayel a reçu hier le député Tammam Salam. Photo Dalati et Nohra
« Nous avons maintes fois appelé à l’entente nationale, a déclaré M. Salam. Ceci était d’autant plus nécessaire que les circonstances régionales et internationales sont instables. Nous sommes en droit donc de nous demander comment ce gouvernement va réussir à assurer l’unité nationale. Nous espérons que la déclaration ministérielle prendra ce fait en considération, bien que cela ne semble pas le cas à l’ombre d’un gouvernement monochrome. La formation de ce cabinet a été accompagnée de positions qui font preuve d’hégémonie et d’esprit de vengeance, ce qui n’est pas rassurant. »
En réponse à la question des journalistes sur le fait de savoir si « la durée de vie » du gouvernement serait limitée, M. Salam a dit que les gouvernements qui sont d’habitude à l’image de celui qui a été formé « n’amènent rien de bon, ils sont nuisibles et les Libanais en ont payé cher le prix par le passé ». Le député de Beyrouth est revenu sur le fait que les forces politiques dont il fait partie (la coalition du 14 Mars) « ont pris en considération les impératifs de l’unité nationale lors des dernières élections législatives ». Leur initiative n’a pas été appréciée à sa juste valeur, certains éléments désirant accaparer le pouvoir, a-t-il souligné. Continuant sur sa lancée, M. Salam a assuré que cette formation gouvernementale ne respecte pas « les usages » adoptés par le passé, ce qui, d’ailleurs, dit-il, « est clair dans la représentativité de Beyrouth ».
Pour sa part, le président Gemayel a également déploré le fait que ce gouvernement ne soit pas un cabinet d’union nationale, craignant qu’il ne puisse affronter comme il se doit les échéances à venir. « Malgré le respect que nous portons à certaines personnalités qui détiennent des portefeuilles dans ce cabinet, a insisté M. Gemayel, ce gouvernement monochrome va devoir prendre des initiatives qui, nous le craignons, risquent de se faire au détriment de l’intérêt du pays. » « La façon avec laquelle ce gouvernement a été formé et les portefeuilles distribués est une hérésie, a déclaré le leader des Kataëb. Le manque de respect des usages est très dangereux et ne sert pas les intérêts du pays. Cela est injustifié et ne sert que des objectifs partisans », a affirmé le président Gemayel.

