« Mettons-nous tout de suite au travail conformément aux principes et aux fondements à l’égard desquels nous nous sommes engagés à plusieurs reprises, notamment l’application intégrale de la Constitution de Taëf, la défense de la souveraineté et de l’indépendance du Liban, la libération de ce qu’il reste de son territoire sous occupation par l’ennemi israélien, et le retour à un dialogue national constructif, sous l’égide des institutions, autour de questions qui divisent les Libanais.
« Ce sont ces constantes, à l’égard desquelles les Libanais sont unanimement d’accord, qui sont à même de sauvegarder l’unité du Liban et sa stabilité, d’instaurer la solidarité entre ses fils et de protéger la formule libanaise de coexistence ainsi que les règles et les principes qui ont caractérisé le Liban.
« C’est avec ces constantes que nous pourrons faire face, avec le sens d’une responsabilité nationale conforme aux espoirs et aux aspirations des Libanais, aux défis intérieurs et extérieurs qui nous attendent.
« Le slogan que nous avons choisi pour ce gouvernement est : “Tous pour la patrie, tous au travail”, car nous savons que les Libanais en ont assez des paroles et veulent que nous nous occupions des difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne sur les plans économique et social, ainsi que sur ceux de la santé et de l’éducation.
« Les États du monde sont certes occupés actuellement à suivre les événements et les transformations que connaissent des pays arabes frères. Mais dans le même temps, ces États gardent un œil sur nous pour jauger notre capacité à protéger notre patrie et à lui éviter des troubles politiques, sécuritaires, financiers et économiques, ainsi qu’à lui permettre de préserver la pérennité de son rôle pionnier dans son environnement et dans le monde et de défendre les causes arabes justes, notamment la libération des territoires arabes occupés, le droit du peuple palestinien au retour sur sa terre, l’édification de son État indépendant et la non-implantation des réfugiés dans les États qui les accueillent, y compris le Liban.
« C’est pourquoi nous affirmons que ce gouvernement est soucieux de préserver les liens fraternels solides qui unissent le Liban à tous les pays arabes frères, sans exception. Il veillera à étendre et développer ces liens dans tous les domaines et aspirera à l’instauration d’une coopération sincère avec ces États sur la base du respect total et mutuel de la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de chacun de ces États.
« Quant à la fidélité du Liban à l’égard de ses engagements arabes, régionaux et internationaux, elle est l’une des constantes de la politique du gouvernement, une constante que nous respecterons tout en demeurant attachés à notre dignité et à notre décision libre émanant de l’intérêt national supérieur sur lequel il ne peut y avoir de compromis.
« Ce gouvernement que j’ai l’honneur de diriger est votre gouvernement à tous, que vous soyez dans la majorité ou dans l’opposition, ou encore dans le centre actif et interactif. Il est conscient que sa marche ne sera pas facile et que son chemin ne sera pas dépourvu d’obstacles, de pièges et de défis.
« Ce gouvernement sera celui de tout le Liban et œuvrera sans distinction entre ceux qui lui accorderont sa confiance et ceux qui la lui nieront.
« Il n’y aura pas de favoritisme à l’égard d’une partie au détriment de l’autre, pas de vainqueur ni de vaincu. Il n’y aura pas de revanchisme car cela n’a jamais été et ne sera jamais dans notre dictionnaire. »
« Le Liban ne basculera pas dans le camp radical »
Par ailleurs, interrogé par l’AFP, M. Mikati a assuré que son gouvernement ne fera pas basculer le Liban dans le camp radical.
« Le fait que le Hezbollah et ses alliés disposent de 18 (des 30 portefeuilles) ne signifie pas que le Liban basculera dans le camp radical en ce qui concerne ses relations avec la communauté internationale », a-t-il affirmé.
Il a souligné que plus d’un tiers des ministres ont été nommés par le président de la République, par le leader druze Walid Joumblatt et par lui-même, ce qui empêche, selon lui, le Hezbollah et ses alliés de prendre le contrôle du gouvernement.

