"Il y a une urgence absolue à réagir, alors que 1.100 personnes d'après l'ONU sont tombées sous les balles de l'armée et de la police", a déclaré M. Araud. "Nous ne pouvons pas nous taire devant cette tragédie qui met en péril la stabilité d'une région déjà fragile", a-t-il dit.
"L'action multilatérale est toujours plus efficace, c'est pourquoi il est crucial que le Conseil s'exprime alors que les contacts bilatéraux n'ont pas suffit à influencer Damas", a expliqué l'ambassadeur.
M. Araud a reconnu que le Brésil avait des "réticences" à s'associer à une résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie, réticences qui "tiennent aux suites de l'affaire libyenne". Le Brésil était l'un des cinq pays à s'être abstenu lors du vote sur les sanctions contre la Libye.
"Ce n'est pas parce que nous avons des divergences sur ce dossier que nous devons ignorer les massacres qui se déroulent en Syrie. Il en va de la crédibilité du Conseil de sécurité et de ses membres, dont le mandat est de protéger la paix et la sécurité internationale", a-t-il dit.
Les quatre membres européens du Conseil (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Portugal) ont préparé une résolution condamnant les violences en Syrie, qui peuvent être assimilées à des "crimes contre l'humanité". Cette résolution pourrait réunir entre 9 et 11 voix, selon eux.
Mais la Chine et surtout la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, ont exprimé leur opposition à ce texte. S'il y a vote, ils peuvent le torpiller par un veto. Le Brésil, l'Afrique du Sud et l'Inde sont hésitants.
Un texte pourrait être prêt pour un vote mardi, a indiqué un diplomate lundi.
"Cela fait deux semaines que nous discutons de ce texte. Depuis lors, 400 personnes dont des femmes et des enfants, ont trouvé la mort, parfois sous la torture. Des milliers de réfugiés ont fui la Syrie. Soyons clairs: l’inaction du Conseil de sécurité n’est pas une option", a encore dit M. Araud.


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