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Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie

La patience de Mikati a-t-elle des limites ?

Les interrogations autour du processus de formation du gouvernement restent à ce jour sans réponses.
Nagib Mikati réussira-t-il, après 140 jours de persévérance et de labeurs, le pari de la mise sur pied d’une nouvelle équipe ? Autrement dit, ceux-là mêmes qui étaient derrière sa nomination, vont-ils lui faciliter la tâche en mettant fin à leurs demandes, par moment embarrassantes ? La dernière étant celle qui consiste à imposer Fayçal Karamé, un adversaire acharné au camp du 14 Mars, à la tête d’un ministère, sachant que cette désignation ne manquera pas de créer un problème avec Ahmad Karamé, l’allié électoral du Premier ministre désigné. L’autre question qui s’impose est de savoir s’il existe une solution à un autre problème qui est celui de confier à Talal Arslane un portefeuille au lieu de le désigner comme simple ministre d’État.
En tout état de cause, il apparaît clairement que la réponse la plus simple à ces interrogations est que le retard ne provient pas de M. Mikati, mais bel et bien de la nouvelle majorité parlementaire. Toujours est-il que la naissance d’un gouvernement avant mercredi prochain est à même d’éviter au pays un nouveau spectacle houleux susceptible d’accentuer la tension politique au sein du Parlement que Nabih Berry entend transformer en « comité exécutif » en vue de la reconduction à son poste du gouverneur de la Banque centrale, dont le mandat viendra à expiration au mois de juillet.
Pour nombre d’observateurs, une chose est sûre : celui qui est le plus pressé pour la naissance du gouvernement est le Premier ministre désigné lui-même, dont la patience est venue à bout après tout ce qu’il a enduré, notamment en matière de demandes difficiles à satisfaire. Or, estiment ces sources, force est de constater que le général Michel Aoun, après en avoir fini avec ses revendications, continue à ce jour de faire part de soupçons quant aux causes réelles du retard qui seraient, selon lui, extérieures. Il faut dire que M. Aoun n’avance aucun détail pour étayer son point de vue à ce propos, s’abstenant également de désigner « l’État tiers » qui ferait obstruction à la naissance du gouvernement.
Du côté de la communauté internationale, on s’impatiente. Après les craintes exprimées par la France par voie diplomatique, le Premier ministre désigné a dépêché son conseiller, Joe Issa el-Khoury, à Paris pour expliquer ce qu’il en est réellement et les moyens prévus pour débloquer la situation.
Les diplomates européens postés à Beyrouth se disent de leur côté étonnés des motifs avancés pour expliquer le retard mis à composer le cabinet et se demandent pourquoi le Premier ministre ne recoure pas à ses prérogatives. Ces milieux se disent également surpris d’apprendre que tel chef de file politique puisse lui-même avancer les noms des candidats ministrables. Ils relèvent en outre le fait qu’aucun leader politique n’a, à ce jour, abordé avec le Premier ministre désigné la spécialisation de tel ou tel autre candidat, notamment son habileté à traiter un dossier spécifique. À ce propos, ils se demandent si la compétition autour des portefeuilles régaliens, tels que les ministères des Affaires étrangères ou de l’Intérieur, est fondée sur un programme scientifique et moderne visant à régler les centaines de problèmes dont pâtissent ces administrations, soulignant notamment que la course pour l’obtention du ministère de l’Énergie devrait être justifiée par un plan de travail rigoureux pour pouvoir commencer à exploiter les ressources en pétrole et en gaz récemment découvertes.
Les interrogations autour du processus de formation du gouvernement restent à ce jour sans réponses. Nagib Mikati réussira-t-il, après 140 jours de persévérance et de labeurs, le pari de la mise sur pied d’une nouvelle équipe ? Autrement dit, ceux-là mêmes qui étaient derrière sa nomination, vont-ils lui faciliter la tâche en mettant fin à leurs demandes, par moment embarrassantes ? La dernière étant celle qui consiste à imposer Fayçal Karamé, un adversaire acharné au camp du 14 Mars, à la tête d’un ministère, sachant que cette désignation ne manquera pas de créer un problème avec Ahmad Karamé, l’allié électoral du Premier ministre désigné. L’autre question qui s’impose est de savoir s’il existe une solution à un autre problème qui est celui de confier à Talal Arslane un portefeuille au lieu...
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