La visite d'Hillary Clinton en Zambie traduit l'intérêt croissant des États-Unis pour les économies africaines. /
"Nous pensons qu'à long terme, les investissements en Afrique doivent être durables et pour le bénéfice du peuple africain", a déclaré Mme Clinton a la télévision sud-africaine.
"C'est facile, et nous avons vu cela à l'époque coloniale, c'est facile de venir, sortir les ressources naturelles, payer les dirigeants et partir. Et quand vous partez, vous ne laissez pas grand chose derrière pour les peuples qui restent", a-t-elle ajouté.
"Lorsque les gens viennent en Afrique pour réaliser des investissements, nous voulons qu'ils le fassent bien mais nous voulons également qu'ils le fassent efficacement. Nous ne voulons pas qu'ils mettent à mal la bonne gouvernance", a-elle affirmé.
"Nous ne voulons pas voir un nouveau colonialisme en Afrique", a-t-elle dit.
"Les États-Unis investissent dans le peuple de Zambie, pas uniquement dans les élites", a ajouté la secrétaire d'État, jugeant que l'économie administrée chinoise n'est pas un modèle pour d'autres nations en développement.
"Sur le long terme, le moyen terme et même sur le court terme", elle ne l'est pas, a-t-elle dit.
Elle a aussi dit que "la bonne gouvernance (le modèle occidental) libère le potentiel des peuples", alors que "les régimes autoritaires mettent tout le monde dans le même moule".
"Les jeunes ne vont pas accepter qu'on leur dise quoi faire", a-t-elle dit par ailleurs, dans une allusion à la vague de révoltes dans le monde arabe.
Les investissements chinois en Zambie en 2010 ont été estimés à un milliard de dollars et ont créé 15 000 emplois.
Un accord avec la compagnie minière chinoise Zhougui Mining annoncé en janvier a promis des investissements supplémentaires de cinq milliards dans les années à venir.
Mais les pratiques chinoises en matière de relations sociales ont déclenché des protestations lors que deux dirigeants chinois d'une mine ont été accusés d'avoir ouvert le feu et blessé onze mineurs qui protestaient contre leurs mauvaises conditions de travail dans la mine de charbon de Collum.
La visite d'Hillary Clinton en Zambie traduit l'intérêt croissant des États-Unis pour les économies africaines.
La Chine a dépassé les États-Unis comme partenaire commercial de l'Afrique, après que les échanges aient augmenté de plus de 40% l'an passé à 126.9 milliards de dollars.
Les États-Unis seraient les principaux donateurs de l'Afrique, ayant fourni près 7,6 milliards de dollars, mais les comparaisons sont difficiles car la Chine ne donne pas d'informations détaillées sur ses programmes d'aide.
Mme Clinton se trouve à Lusaka dans le cadre de la conférence annuelle du groupe de l'Agoa (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique).
Cette législation américaine permet à 37 pays africains d'exporter sans droits de douane aux États-Unis, depuis 2000 et jusqu'en 2015, si les bénéficiaires respectent les normes fondamentales de la démocratie et du libre marché.

