« On ne t’aime pas. » Le message des opposants syriens à Bachar el-Assad, selon cette image tirée d’une vidéo diffusée hier sur YouTube. Photo AFP
Dans la localité de Maarrat el-Nou'mane, entre Alep et Hama, au moins cinq hélicoptères ont tiré à la mitrailleuse pour disperser les protestataires, a affirmé un témoin cité par Reuters. « Il y a eu des manifestations pacifiques aujourd'hui pour réclamer la liberté d'expression et la chute du régime. Les forces de sécurité nous ont d'abord laissé manifester, mais quand elles ont vu que la foule grossissait, elles ont ouvert le feu pour nous disperser », raconte un autre témoin. « Durant la manifestation, deux officiers et trois soldats ont refusé d'ouvrir le feu, alors nous les avons portés en triomphe. Après cela, nous avons été surpris de voir des hélicoptères tirer sur nous », a ajouté ce manifestant de Maarrat el-Nou'mane, où au moins 10 civils ont été tués par les troupes.
Il y a eu également trois morts à Damas, neuf à Lattaquié et deux dans la province de Deraa, selon le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel-Rahmane. Par ailleurs, les manifestations se poursuivaient hier dans la soirée à Deir ez-Zor, Alep, Deraa, Homs, Midane et Kaboune, deux quartiers de Damas, selon la page Facebook de l'opposition, « Syrian News Network » (SNN).
L'armée syrienne a de plus lancé hier une opération dans le secteur de Jisr el-Choughour, dans le gouvernorat d'Idleb (Nord-Ouest), a annoncé la télévision syrienne. Le pouvoir a soutenu que l'opération militaire dans le secteur de Jisr el-Choughour, a eu lieu suite « à l'appel des habitants » pour « arrêter les groupes armés qui ont mis le feu à des récoltes ». Mais selon un témoin, les forces militaires bombardaient des villages autour de Jisr el-Choughour en avançant vers la ville, et les soldats auraient mis eux-mêmes le feu à des champs de blé.
Sur le plan humanitaire, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a demandé hier à Damas un « accès immédiat » aux zones touchées par la violence, se disant prêt à se rendre personnellement en Syrie pour rencontrer les autorités.
En coopération avec le Croissant-Rouge syrien, le CICR a effectué des visites de courte durée à Deraa, Tartous et Homs en mai. « Dans le cadre de ces visites limitées, il a été difficile de se faire une idée précise de la situation sur le terrain et de l'ampleur des besoins humanitaires », a fait valoir le président de l'organisation basée à Genève.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis veulent « accentuer la pression » sur Bachar el-Assad pour le forcer à mettre fin aux violences, a affirmé hier le porte-parole du département d'État, Mark Toner. « Ce qui compte, c'est de lui faire comprendre que la pression s'accroît sur ses actes », a-t-il ajouté.
En dehors des efforts à l'ONU et des sanctions déjà adoptées par les États-Unis et l'Union européenne, Washington « va examiner d'autres possibilités. D'autres options sont sur la table » pour faire pression sur le régime, a dit M. Toner. Il a par ailleurs évoqué des « contacts » américains avec l'opposition syrienne à Damas.
Parallèlement, des diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU ont eu des entretiens hier sur une résolution européenne condamnant la Syrie pour sa répression contre les opposants sans toutefois se rapprocher d'un vote. Les discussions autour de cette résolution doivent se poursuivre ce week-end alors que la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal expriment une frustration croissante face à l'opposition de certains des quinze pays membres du Conseil, comme la Chine et la Russie qui se sont fermement opposées à toute condamnation au Conseil de sécurité de la répression en Syrie.
(Source : agences)

