« La situation actuelle dans le pays me rappelle la situation dans un pays retranché, loin de tout, en plein XVIIe siècle, un pays totalement étranger à tout ce qui touche à la civilisation, aux droits de l'homme et aux conventions internationales, a notamment déclaré M. Geagea au cours d'une conversation à bâtons rompus avec les correspondants de presse. Si les informations faisant état de la prochaine formation du gouvernement s'avèrent exactes, il sera alors préférable que le pays reste sans gouvernement plutôt que d'être doté du type de cabinet qu'ils envisagent car ce genre de gouvernement (envisagé par le 8 Mars) serait nuisible au pays. »
S'élevant contre les conditions de vie de la population, sur le plan socio-économique, le leader des FL a souligné que « la seule solution à la crise actuelle réside dans la mise sur pied d'un cabinet de technocrates afin de régler les problèmes de la vie quotidienne » de la population. « Un gouvernement monochrome porterait un grave préjudice au pays et serait dix fois pire que la situation actuelle, sachant que l'option d'un cabinet d'union nationale a été un échec », a-t-il relevé. Et d'ajouter sur ce plan : « Nous ne savons pas sur base de quels critères l'autre partie (le 8 Mars) s'emploie à mettre sur pied le gouvernement. La principale faction (le Hezbollah) n'a pas pour objectif, comme projet politique, d'édifier un État. Leur parti est à la base de tout et les administrations de l'État n'ont pour fonction que de soutenir le parti, car pour eux la priorité est la résistance. »
M. Geagea a mis l'accent sur l'importance du dialogue national « à condition qu'il soit mené sur des bases claires, et non pas comme c'était le cas dans le cadre de la conférence de dialogue lorsque la principale partie concernée par le dialogue (le Hezbollah) s'est abstenue de présenter une vision claire de ce qu'elle voulait car ils (les dirigeants du Hezbollah) considèrent que la situation actuelle est idéale pour eux ».
Le leader des FL a par ailleurs affirmé que « l'étape présente est totalement différente de l'étape passée, et il n'est plus concevable d'utiliser les mêmes concepts ». « Nous devons partir du principe que nous devons nous placer tous sous la houlette de l'État, a précisé M. Geagea. Nul d'entre nous ne peut se qualifier de résistance car la seule résistance au Liban est celle du peuple libanais, du gouvernement et de l'armée. Tout le reste reflète des étapes éphémères qui ont abouti aux résultats que nul n'ignore. Nous ne pouvons plus persévérer sur la même voie. »
En réponse à une question, le leader des FL a souligné en outre que l'action entreprise par le président de la Chambre et leader d'Amal, Nabih Berry, est une action « qui tourne à vide ».
Après avoir affirmé que « le 14 Mars n'est soumis à aucune partie » étrangère, M. Geagea a déclaré que le représentant du Liban au Conseil de sécurité devrait « au moins » s'abstenir, et non pas voter contre, au cas où le Conseil de sécurité serait saisi d'un projet de résolution sur la situation en Syrie. « Le Liban ne peut détruire en un laps de temps tout ce que nos ancêtres ont bâti afin de faire du pays un phare de culture, de civilisation, de connaissances et de liberté, a déclaré M. Geagea. Nous ne pouvons pas détruire tout cela en adoptant une attitude irresponsable (au Conseil de sécurité, lors du vote de la résolution sur la Syrie). Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des conflits qui ne nous concernent pas. Le représentant du Liban à l'ONU devrait consulter à ce propos le président de la République et le Premier ministre sortant, et non pas le ministre des Affaires étrangères car tout le monde sait à quelle influence celui-ci est soumis. »
Signalons sur un autre plan que le leader des FL a conféré hier avec le député Bassem el-Chabb, membre du bloc parlementaire du courant du Futur.


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