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Liban - Gouvernement

Du glacier... au glacis ?

Le Premier ministre désigné Nagib Mikati à son arrivée place de l’Etoile hier. Sami Ayad.


Le processus gouvernemental a atteint ces jours-ci un tel degré de décomposition qu'on en est arrivé dans cette république à se congratuler chaudement d'une espèce de miniréconciliation entre deux des acteurs de cet interminable et lassant processus.
« Oyez, oyez, bonnes gens, la glace a été brisée entre Nagib Mikati et Michel Aoun ! » Que faudra-t-il ajouter ? Que les réjouissances doivent commencer ?
L'événement a d'ailleurs été amplifié à un point tel qu'il a quasiment relégué au second plan la formidable cassure parlementaire suscitée une fois de plus par une initiative contestée du président de la Chambre, Nabih Berry. Une cassure qui, doit-on constater, a épousé la morphologie exacte de la législature issue des législatives de 2009.
D'ailleurs, quelle que soit la valeur des arguments juridiques présentés par les uns et les autres dans l'affaire de la séance ratée de la Chambre, cette cassure rétablissant ponctuellement l'ancienne majorité en dit long sur le potentiel de cohésion d'un gouvernement formé par la nouvelle... à supposer qu'elle parvienne à le former.
Mais pour en revenir à la glace brisée, la question qui se pose, le plus prosaïquement du monde, est de savoir en quoi cela va se traduire concrètement. Venons-en aux faits : tout le monde s'accorde à dire que la réunion qui a eu lieu hier au siège du Parlement et qui a regroupé autour de M. Berry la plupart des principales figures de la nouvelle majorité a été « fortuite ». Toujours est-il qu'à cette occasion, le Premier ministre désigné et le chef du CPL ont pu se parler directement, pour la première fois depuis longtemps. Le premier fruit de cette réconciliation est, semble-t-il, apparu lors d'une rencontre ultérieure entre M. Mikati et le ministre sortant de l'Énergie et des Ressources hydrauliques, Gebran Bassil ; une rencontre à laquelle se sont joints les deux éternels « Khalil », représentant le duo Amal-Hezbollah.
Au cours de cette dernière réunion, il a été possible d'entrer dans les détails des noms et des portefeuilles, ce qui signifie qu'on est parvenu par le contact direct à relativiser l'un des obstacles qui subsistait encore, à savoir la liste de noms en vrac réclamée par M. Mikati au général Aoun pour qu'il y opère lui-même son choix.
D'autre part, lors de la première rencontre, le chef du CPL, qui a les législatives de 2013 en ligne de mire, aurait demandé à M. Mikati de transmettre au président de la République, Michel Sleiman, son opposition à toute nomination par ce dernier d'un ministre maronite issu du Kesrouan ou de Jbeil. Le Premier ministre désigné, on s'en doute, aurait quelque peu rechigné à faire la commission.
Toutefois, on apprenait à la suite de l'entrevue Mikati-
Bassil, laquelle avait été précédée d'un entretien téléphonique Mikati-Sleiman, que le général Aoun a décidé de faire preuve de davantage de « souplesse » au sujet du ministre maronite en question.
Voilà où l'on en est pour le moment. Ces « progrès »
signifient-ils que la mise en place du cabinet est désormais une question d'heures ou de jours ? On n'en sait rien. Comme le disent les milieux du Premier ministre désigné lui-même, « il y a une claire avancée, mais l'expérience des mois passés incite à la prudence ». Et cela sans parler de ce qu'affirment encore des sources au sein du 8 Mars, à savoir que MM. Sleiman et Mikati continuent de suivre l'évolution de la situation en Syrie et qu'ils ne sont pas pressés de mettre en place un gouvernement avant d'en savoir davantage sur la direction que prendront les événements dans ce pays.
De fait, aux yeux de nombreux observateurs, il semble évident que le statu quo sera maintenu au Liban en attendant, pour le moins, les résultats des grandes manœuvres internationales actuelles autour de la question syrienne, notamment au Conseil de sécurité.
De ces résultats, de cette évolution dépendront beaucoup de choses en ce qui concerne le gouvernement libanais. Certaines sources informées pensent d'ailleurs qu'à cet égard, même l'accord conclu il y a quelques semaines sur le ministère de l'Intérieur pourrait être remis en question.
Il reste à se demander, si l'information est vérifiée, ce que pouvait bien faire hier soir Walid Joumblatt à Damas. Au vu de ses dernières déclarations, dans lesquelles il invitait clairement le président syrien, son clan, son parti, son armée et ses SR à littéralement se déshabiller devant la contestation, il est très possible qu'il n'y soit guère - ou plus - en odeur de sainteté ces jours-ci. À moins qu'on ne l'ait mandé...

Le processus gouvernemental a atteint ces jours-ci un tel degré de décomposition qu'on en est arrivé dans cette république à se congratuler chaudement d'une espèce de miniréconciliation entre deux des acteurs de cet interminable et lassant processus.« Oyez, oyez, bonnes gens, la glace a été brisée entre Nagib Mikati et Michel Aoun ! » Que faudra-t-il ajouter ? Que les réjouissances doivent commencer ? L'événement a d'ailleurs été amplifié à un point tel qu'il a quasiment relégué au second plan la formidable cassure parlementaire suscitée une fois de plus par une initiative contestée du président de la Chambre, Nabih Berry. Une cassure qui, doit-on constater, a épousé la morphologie exacte de la législature issue des législatives de 2009.D'ailleurs, quelle que soit la valeur des arguments juridiques...
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