De son côté l'Union européenne a relevé à 210 millions d'euros, contre 150 précédemment, l'enveloppe allouée aux compensations financières en faveur des producteurs de légumes confrontés à un effondrement de leurs ventes suite à l'épidémie.
"Le temps n'est pas encore venu de lever l'alerte", a annoncé le ministre Daniel Bahr, mais "le plus dur est maintenant derrière nous au niveau national".
"Après l'analyse des données et des chiffres fournis par l'Institut (de veille sanitaire) Robert-Koch, nous avons des raisons d'afficher un optimisme modéré", a ajouté M. Bahr, qui avait indiqué plus tôt dans la matinée: "les chiffres de nouvelles infections baissent de manière continue".
"Cela veut dire qu'il peut certes y avoir de nouveaux cas, et malheureusement aussi des morts supplémentaires, mais le nombre de nouvelles infections baisse de manière sensible", selon lui
Mardi, l'Institut Robert Koch avait signalé pour la première fois "un léger repli du nombre des nouveaux cas" alors que plus de 2.600 personnes ont été infectées, dont 75% dans le nord du pays.
Il a précisé mercredi ignorer si ce recul s'expliquait par la baisse drastique de la consommation de légumes crus, en particulier des concombres, des tomates et des salades.
Le bilan est toutefois monté à 25 morts, dont 24 en Allemagne, après que l'Etat régional de Basse-Saxe (nord) eut signalé un nouveau décès mercredi.
Les recherches se poursuivaient pour identifier l'origine de la contamination par une souche rare et très virulente de la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh) qui se traduit par des diarrhées sanglantes et peut déboucher sur des troubles rénaux parfois mortels (syndrome appelé SHU).
Des résultats d'analyse sur des graines germées issues d'une exploitation horticole du nord de l'Allemagne étaient toujours attendus.
Mais "dans la plupart des cas d'Eceh, dans 80% des cas, la source d'infection n'est jamais identifiée", a rappelé Daniel Bahr.
Les ministres régionaux et fédéraux chargés de la Santé et de la Protection des consommateurs, ainsi que des responsables sanitaires et le commissaire européen à la Santé John Dalli se sont réunis dans un grand hôtel berlinois.
"Face à cette épidémie, on ne saurait trop insister sur l'importance de la rigueur scientifique, d'une communication transparente et coordonnée, et d'une enquête approfondie", a dit M. Dalli, précisant que l'Allemagne avait eu raison de sonner l'alarme.
La communication de l'Allemagne, avec son système fédéral et des ministres différents dans chaque Land (Etat régional), apparaît brouillonne et le ministre Daniel Bahr a concédé qu'il fallait "l'améliorer".
Certains, comme l'Espagne et la Belgique, ont accusé l'Allemagne d'alarmisme, avec des conséquences financières chiffrées en centaines de millions d'euros pour les agriculteurs européens.
Le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, a d'ailleurs annoncé que Bruxelles disposait de 210 millions d'euros pour aider les maraîchers affectés par la méfiance des consommateurs.
Mardi, lors d'une réunion de ministres européens de l'Agriculture la Commission avait proposé une aide totale de 150 millions d'euros, mais ce montant avait provoqué un tollé dans le monde agricole et des protestations de plusieurs pays, comme l'Espagne, qui jugeaient l'enveloppe insuffisante.
La consommation de concombres, tomates et salades crus ainsi que de graines germées restait déconseillée par les autorités allemandes.


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