"J'accuse France 24 d'usurpation d'identité. France 24 fait passer des messages en mon nom", a déclaré Mme Shakkour, interrogée à l'intérieur de l'ambassade à Paris, devant un drapeau syrien et un portrait du président Bachar el-Assad par la chaîne française BFM TV.
"Je porterai plainte pour condamner France 24 pour ces actes de désinformation, qui s'inscrivent dans une campagne de falsification de l'information et de désinformation qui a démarré courant mars 2011 contre la Syrie", a-t-elle ajouté.
Mardi soir, France 24 avait diffusé la déclaration d'une femme, présentée comme Lamia Shakkour, qui annonçait sa démission pour ne pas cautionner "le cycle de violence" en Syrie.
"Je reconnais la légitimité des demandes du peuple pour plus de démocratie et de liberté. Ma démission prend effet immédiatement", avait affirmé cette femme, qui s'exprimait en français avec un accent prononcé, contrairement à Lamia Shakkour.
"J'invite le président Bachar al-Assad à convoquer les leaders de l'opposition pour former un nouveau gouvernement", ajoutait-elle.
Peu après, dans des déclarations au téléphone à la télévision d'état syrienne, une voix de femme attribuée à Lamia Shakkour avait démenti les informations faisant état de sa démission.
Mme Shakkour a aussi démenti sa démission sur la chaîne Al-Arabiya basée à Dubaï, selon le site internet de cette chaîne arabe.
Dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, France 24 explique être entré en contact avec Lamia Shakkour par l'intermédiaire de l'attaché de presse de l'ambassade syrienne à Paris.
"Nous n'excluons ni la manipulation ni la provocation. Si tel était le cas, nous poursuivrons en justice toutes les personnes, officines, ou services officiels qui en seraient à l'origine", a souligné la chaîne de télévision.
Aucun ambassadeur syrien n'a démissionné depuis le début du mouvement de contestation contre le régime.
Plus de 1.100 civils, dont des dizaines d'enfants, ont été tués depuis le début du mouvement, selon les organisations non gouvernementales syriennes.
Le régime a déjà annoncé la levée de l'état d'urgence, la création d'une commission sur le multipartisme et une amnistie générale mais il a parallèlement continué de réprimer violemment les manifestants.
Un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies a été rédigé par la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Portugal. Il condamne la violence du régime du président Bachar el-Assad et lui demande d'ouvrir les villes syriennes à des équipes humanitaires.


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