« Nous ne voulons pas assister à la réunion parlementaire parce que nous voulons préserver la Constitution et nous ne voulons pas consacrer, au niveau de l'exercice parlementaire, un précédent qui serait en contradiction avec notre système démocratique », a ainsi affirmé le député Ziyad Kadri. Il a insisté sur le fait qu'« il n'est pas possible qu'une autorité remplace une autre et que le Parlement se substitue au gouvernement dans le domaine financier ou pour procéder à des nominations ». Il a rappelé que le président de la Chambre, Nabih Berry, avait fermé les portes du Parlement en 2006 sous prétexte que le pays était sans gouvernement parce qu'il ne reconnaissait pas le gouvernement Siniora. M. Kadri s'est aussi arrêté sur l'argument du président de la Chambre selon lequel celle-ci est souveraine, en faisant remarquer : « Le Parlement est souverain, à condition que cette souveraineté ne soit pas en contradiction avec la Constitution et les principes fondamentaux du système démocratique parlementaire. »
Le député Ahmad Fatfat a, pour sa part, qualifié M. Berry de « dictateur », affirmant que son comportement est « inacceptable et en contradiction totale avec la Constitution ». Il a rappelé dans ce cadre une décision du Conseil constitutionnel datée d'août 2005, selon laquelle « toute réunion parlementaire qui se tient en présence d'un Premier ministre démissionnaire est en contradiction avec l'article 19 de la Loi fondamentale ». « Toute loi que la Chambre voterait serait alors anticonstitutionnelle », a-t-il insisté, en estimant que rien n'empêche le gouvernement de se réunir pour proroger le mandat du gouverneur de la Banque du Liban. Un avis également partagé par le député Hadi Hobeiche.

