S'adressant à une délégation estudiantine qu'il a reçue à son bureau de Helaliyé, dans la région de Saïda, M. Siniora a rappelé qu'au cours des dernières années, M. Berry et le camp du 8 Mars affirmaient que l'Assemblée nationale ne pouvait pas se réunir en séance plénière à l'ombre d'un gouvernement expédiant les affaires courantes. « Mais subitement, a déclaré M. Siniora, ce principe est abandonné et nous nous trouvons face à une proposition visant à tenir une réunion parlementaire (en dépit du fait que le gouvernement est démissionnaire). Il existe une tentative de substituer le pouvoir exécutif par le Parlement, ce qui est contraire à la Constitution, car il existe une dissociation totale entre les différents pouvoirs. »
M. Siniora a d'autre part dénoncé le fait que le Parlement ait été convoqué « sans qu'il n'y ait un accord sur ce plan », de même que l'ordre du jour a été distribué « alors que la détermination de l'ordre du jour est du ressort du bureau de la Chambre ».
L'ancien Premier ministre s'est, par ailleurs, prononcé pour le renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque centrale, « mais cela doit se faire par le biais du pouvoir exécutif et non par la voie du Parlement ». En conclusion, M. Siniora a souligné que les problèmes en suspens ne peuvent être résolus qu'en formant un nouveau gouvernement, précisant à ce propos qu'il avait suggéré au Premier ministre désigné, Nagib Mikati, de former un gouvernement d'« experts indépendants » afin de plancher sur les problèmes de la vie quotidienne de la population.
La réplique de Ali Hassan Khalil, puis celle de Houry...
Répondant au chef du Courant du futur, le conseiller politique du chef du législatif, Ali Hassan Khalil, a déclaré que (Fouad) « Siniora est la seule personnalité dans toute l'histoire de la République libanaise à avoir violé la Constitution et le pacte national ». « M. Siniora a violé la Constitution lorsqu'il a relancé l'action d'un gouvernement anticonstitutionnel (allusion au maintien du cabinet Siniora en dépit de la démission des ministres chiites en 2006), a déclaré Ali Hassan Khalil. L'ancien Premier ministre a violé la législation en vigueur et a conclu des engagements financiers sans en référer au Parlement. »
Le commentaire du député Khalil a provoqué une réponse du député haririen de Beyrouth Ammar Houry, qui a relevé « les multiples facettes de l'échec, à commencer par une nervosité décuplée et les attaques verbales injustifiées ».

