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Économie - Analyse

L’assainissement bancaire chinois

De Sophie Nivoix
Sophie NIVOIX*

Deuxième puissance économique mondiale depuis 2010 devant le Japon, la Chine, qui affiche des taux de croissance annuels impressionnants depuis de nombreuses années, s'appuie sur un système bancaire particulier. En 2001, la Chine est officiellement devenue le 143e membre de l'OMC, et nouveauté importante, dans son accord d'adhésion le pays s'est engagé à autoriser l'implantation de banques étrangères.
Dix ans plus tard, non seulement l'ouverture du secteur bancaire n'a pas entraîné sa fragilisation, mais son assainissement a été notable. En 1997, le ratio de fonds propres était de 4,5 % pour les 4 banques commerciales étatiques chinoises alors qu'en 2009 il atteignait 11,6 %. Parallèlement, en 2003 la rentabilité financière moyenne de ces 4 banques étatiques était de seulement 0,27 %, alors qu'elle est passée à 21 % en 2010. Autre indicateur significatif, les créances douteuses représentaient 17,9 % de l'actif total en 2003, mais seulement 1,2 % en 2010. De telles améliorations s'expliquent par plusieurs mesures majeures.
Avant les réformes économiques de 1978, la Chine ne disposait pas de réel système bancaire. Le ministère des Finances contrôlait les recettes et les dépenses de l'État et jusqu'en 1983, la Banque populaire de Chine agissait en sa qualité de guichet du Trésor public. Première étape importante, en 1984 s'est opérée une séparation des activités de la Banque centrale et de l'activité de crédit, confiée à 4 banques d'État indépendantes (Banque de l'Agriculture, Banque de Chine, Banque de la Construction, Banque du Commerce et de l'Industrie). Cependant, la capacité des banques chinoises à respecter des normes prudentielles de crédit était faible et le secteur bancaire a accumulé un stock important de créances douteuses.
Afin d'assainir le système bancaire, les autorités ont procédé en 1998 à une recapitalisation des quatre grandes banques à hauteur de 33 milliards de dollars. Puis en 1999 quatre sociétés de gestion des créances douteuses ont été créées pour faire sortir 170 milliards de dollars de ce type de créances du bilan des banques (soit 15 % de leurs actifs).
Ensuite en 2003, la création du Bureau de réforme des banques commerciales a permis une série de réformes cruciales pour améliorer la situation des banques commerciales : recapitalisation, réforme de l'actionnariat, introduction d'investisseurs institutionnels étrangers et enfin cotation sur le marché financier (Banque de la Construction en 2005 et Banque de Chine en 2006 sur le marché de Hongkong, Banque Industrielle et Commerciale en 2006 et Banque de l'Agriculture en 2010 à Hongkong et Shanghai).
Parallèlement, pour assainir tant les bilans que les pratiques bancaires, la China Banking Regulatory Commission a réformé les pratiques en créant une véritable culture bancaire, au-delà des recapitalisations successives. Ont alors été prises des mesures visant à diminuer les risques de crédit et les risques de liquidité. Mieux encore, les normes prudentielles préconisées par la CBRC sont proches de celles de Bâle II et dépassent même pour certaines celles prévues par Bâle III, dont la mise en place n'est pourtant prévue que pour 2015. Autant d'éléments qui témoignent d'une réelle volonté de maîtrise des risques bancaires en Chine... et qui donnent des raisons de ne pas désespérer pour les pays en pleine crise financière, lorsque l'on veut se donner les moyens de sortir de l'impasse.

* Spécialiste de finance à l'Université de Poitiers, professeur à l'ESA

En coopération avec : ESA
Sophie NIVOIX*Deuxième puissance économique mondiale depuis 2010 devant le Japon, la Chine, qui affiche des taux de croissance annuels impressionnants depuis de nombreuses années, s'appuie sur un système bancaire particulier. En 2001, la Chine est officiellement devenue le 143e membre de l'OMC, et nouveauté importante, dans son accord d'adhésion le pays s'est engagé à autoriser l'implantation de banques étrangères. Dix ans plus tard, non seulement l'ouverture du secteur bancaire n'a pas entraîné sa fragilisation, mais son assainissement a été notable. En 1997, le ratio de fonds propres était de 4,5 % pour les 4 banques commerciales étatiques chinoises alors qu'en 2009 il atteignait 11,6 %. Parallèlement, en 2003 la rentabilité financière moyenne de ces 4 banques étatiques était de seulement 0,27 %, alors qu'elle...
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