Le chef des FL a reçu hier Michel Moawad à Meerab. Photo Aldo Ayoub
M. Geagea a d'autre part opposé concrètement une fin de non-recevoir - pour le moment - à la proposition du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, d'œuvrer à un amendement de Taëf.
« De ma vie je n'ai vu une tour de Babel telle que celle que je vois aujourd'hui », a déclaré le chef des FL lors d'une conférence de presse à Meerab. Critiquant « ceux qui considèrent que le général Rifi est responsable des entraves au processus d'édification de l'État », il a dit : « Certains semblent avoir oublié que le gouvernement en place est un gouvernement sortant et que ses ministres sont donc des sortants. » « Subitement, a-t-il lancé, nous les voyons accomplir des choses qu'ils n'avaient pas accomplies lorsqu'ils étaient en exercice. Nous aurions souhaité par exemple les voir bouger lorsque la grêle est tombée il y a deux semaines et a frappé la récolte de pommes, semant la désolation chez les agriculteurs ; ou bien lorsque les réfugiés syriens ont commencé à entrer sur le territoire libanais, dans ce qui peut être considéré comme une situation réellement exceptionnelle et à caractère humanitaire ; ou encore lors des marches pour la commémoration de la nakba (le 15 mai). »
À ce dernier propos, « nous aimerions aussi qu'ils prennent conscience de ce qui peut se passer le 5 juin à notre frontière méridionale », a-t-il ajouté.
« Quelle est la cause de toute cette confusion aujourd'hui au ministère des Télécoms, sachant que tout cela n'a aucun impact sur les soucis des citoyens libanais ? s'est-il interrogé. Pourquoi ont-ils décidé maintenant d'ouvrir ce débat à l'ombre d'un gouvernement démissionnaire, alors qu'ils disposaient auparavant de beaucoup de temps pour cela ? »
« À tout ce qui se passe sur le territoire de la République libanaise, les constructions illégales, les combats à l'arme lourde à Baalbeck, le rapt des Estoniens, les responsables de cette République ne trouvent-ils à répondre qu'en appelant à des poursuites à l'encontre du général Rifi, l'officier le plus droit et le plus discipliné, et qui, contrairement à d'autres, n'envoie pas son courrier à l'étranger ? » a demandé M. Geagea.
Rendant hommage à l'action des FSI sous l'égide du général Rifi, il a souligné que lorsque ce dernier est entré en fonctions, il y a six ans, la proportion de chrétiens au sein des FSI était de 30 %, alors qu'elle dépasse aujourd'hui les 40 %. « Est-ce pour cette raison qu'ils veulent le juger ou bien parce que les FSI sont le seul service de sécurité à échapper au noyautage du Hezbollah et à l'influence de la Syrie sœur ? »
Rappelant l'affaire des quatre frères Jassem, de nationalité syrienne, enlevés à Beyrouth il y a un mois et demi et remis aux autorités syriennes, M. Geagea a affirmé que les quatre avaient été enlevés par le lieutenant Salah Ali Hajj, fils de l'ancien directeur général des FSI, Ali Hajj. « Qui de ces responsables avait pris la peine de demander sa traduction en justice ? Au contraire, ils ont fait pression sur les supérieurs du lieutenant pour qu'ils ne le sanctionnent pas, puis l'ont transféré au bureau du ministre pour le protéger », a-t-il lancé.
« Les FSI sont l'unique citadelle restante, et au lieu de la soutenir, on cherche à l'ébranler », a poursuivi le chef des FL, appelant à cesser de parler du dossier du général Rifi.
Soulignant que le chef de l'État est « un arbitre entre tous les Libanais », il a fait valoir que « lorsqu'on dispose d'un patron des FSI parmi les meilleurs qui soient pour le moment, il n'y a aucune raison de mener campagne contre lui ».
Interrogé par ailleurs sur les propos tenus lundi par le président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait affirmé que la révolution du Cèdre avait « ramené le Liban soixante ans en arrière », M. Geagea a répondu : « Ce qui a été ramené soixante ans en arrière, ce n'est pas le pays, ce sont M. Berry, ses alliés et tous leurs suiveurs. »
Enfin, dans une réaction aux déclarations du patriarche Raï, il a dit : « Le système libanais tout entier a besoin d'être longuement examiné et débattu, mais à mon sens, le moment est inopportun au milieu des développements qui se produisent aujourd'hui. Avant de parler d'un nouveau Taëf, que nos amis commencent par former le nouveau gouvernement. »


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