Le rapport, cité par le Lebanon Weekly Monitor de la Bank Audi, a rappelé, en parallèle, l'évolution négative du solde de la balance des paiements, qui a accusé fin mars un déficit d'environ 400 millions de dollars, contre un excédent de 987 millions de dollars au cours de la même période de l'an dernier.
Creusement du déficit public
Standard Chartered a souligné en outre la détérioration des finances publiques au premier trimestre de l'année, rappelant que le déficit public a augmenté de 92 % au cours des trois premiers mois, à 1,1 milliard de dollars contre 500 millions de dollars au cours de la même période de l'an dernier. « Ce creusement est dû à une baisse des recettes (de 11,6 %, NDLR), couplée à une hausse de 11 % des dépenses », a précisé le rapport.
La paralysie politique actuelle pourrait toutefois bénéficier - paradoxalement - aux finances de l'État, a souligné Standard Chartered, selon laquelle la baisse des dépenses publiques, en l'absence de gouvernement, devrait limiter le creusement du déficit de l'État. La banque britannique a dit s'attendre à cet égard à un déficit public n'évoluant pas au-dessus de 9,5 % du PIB.
« Le secteur du tourisme a également enregistré une forte baisse au cours du premier trimestre de l'année. En effet, le taux d'occupation des hôtels de Beyrouth a atteint 47 % fin mars contre 69 % au cours de la même période de l'an dernier, tandis que le nombre de touristes a reculé de 13 % au cours de la même période », a rappelé, par ailleurs, la banque.
Le secteur bancaire, toujours aussi solide
En dépit de la conjoncture actuelle, le secteur bancaire devrait continuer à enregistrer des résultats positifs, grâce notamment à la politique de la Banque du Liban (BDL), a souligné Standard Chartered. « La BDL détenait fin février des réserves en devises étrangères et en or estimées à 41,4 milliards de dollars, ce qui équivaut à 100 % du PIB (...) Ces réserves constituent un gage de sécurité pour le maintien de la stabilité monétaire » sur le plan local, a indiqué le rapport.
Autre preuve de solidité du secteur bancaire : les dépôts des banques commerciales, qui représentent 275 % du PIB, a ajouté le rapport.
« La résilience du secteur bancaire permettra ainsi de financer la dette publique et le déficit du gouvernement, en dépit du ralentissement de la croissance des dépôts » au cours des trois premiers mois, conclut la banque britannique.

