Sur cette image, tirée d’une vidéo sur YouTube, une petite fille, entourée d’autres enfants, manifeste à Daraya à la mémoire de Hamzeh, un garçon de 13 ans, torturé et tué, selon les activistes, par les forces de sécurité à Deraa.
Un autre militant a indiqué que sept civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité : deux à Rastan, quatre à Talbisseh et un dans un village voisin. Parmi les personnes tuées à Rastan « figure une fillette, Hajar al-Khatib », a-t-il ajouté. « Plus de cent blessés, dont de nombreux enfants, ont été transférés dans les hôpitaux national et militaire de Homs », troisième ville de Syrie à 160 km au nord de Damas, a-t-il précisé. Le premier militant a également indiqué que plusieurs personnes avaient été blessées à Rastan et Talbisseh.
« Des perquisitions ont commencé » à Talbisseh, qui a été le théâtre vendredi soir d'une importante manifestation antirégime, a dit pour sa part le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane, joint par téléphone à Londres. Selon M. Abdel-Rahmane, un militant de Deraa, le docteur Mohammad Aouad al-Ammar, a été inculpé hier par la justice pour avoir « porté atteinte au prestige de l'État et propagé des informations mensongères ». Ce médecin, qui travaille à l'hôpital de Jassem, près de Deraa, avait rencontré récemment une personnalité militaire de haut rang et lui avait proposé une initiative pour un règlement démocratique en Syrie. Mais il avait été arrêté peu après, le 29 avril. Les militants prodémocratie ont par ailleurs dédié une page Facebook à un garçon de 13 ans « torturé et tué » selon eux par les forces de sécurité à Deraa, où est née la contestation, appelant à des manifestations en sa mémoire. Selon eux, le garçon avait décidé de prendre part aux manifestations après la mort de son cousin tué par la police. Il avait été arrêté le 29 avril et sa famille n'avait plus eu de ses nouvelles jusqu'à la remise de sa dépouille mortelle le 25 mai. Les militants ont fait état de traces de torture sur son corps, en soutenant qu'il avait le cou brisé notamment. « Nous sommes tous Hamzeh (...) Nous allons sortir de chaque maison et chaque quartier pour exprimer notre colère », écrivent-ils sur la page qui lui est dédiée. Des vidéos postées hier sur les pages Facebook de l'opposition syrienne montreraient des manifestations dans plusieurs régions, dont Damas, Edleb et Daraya où des enfants ont défilé brandissant des photos de Hamzeh.
Selon M. Abdel Rahmane, « on ne peut plus se taire sur les tortures à Deraa et ailleurs. Il faut que les autorités syriennes jugent ceux qui ont torturé Hamzeh al-Khatib et les autres ».
Selon le Washington Post, citant des responsables américains non identifiés, l'Iran envoie des instructeurs et des conseillers en Syrie pour aider à mater les manifestations qui menacent son principal allié dans la région.
Selon des ONG, plus de 1 000 personnes ont été tuées et quelque 10 000 arrêtées depuis le début de la contestation le 15 mars.
Selon les autorités, qui attribuent les troubles à « des gangs criminels armés » ou à « des groupes terroristes », 143 membres des forces de sécurité sont morts depuis cette date.
Les journalistes étrangers ne peuvent circuler librement, rendant difficile toute vérification des faits sur le terrain.
Parallèlement, à Paris, 200 personnes se sont rassemblées sur l'esplanade du Trocadéro pour une « Syrie démocratique » et pour réclamer des « sanctions internationales » contre le régime d'Assad. « La Syrie ne se trouve pas sur une autre planète. Aidons les Syriens à incriminer mondialement Assad et exigeons l'entrée de la presse (...) et de l'aide humanitaire », a déclaré Seve Izouli, de la Déclaration de Damas, qui groupe des partis d'opposition syriens.
(Source : AFP)


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