Alors que Tripoli appelait à un cessez-le-feu, les combats se poursuivaient hier à Misrata. Zohra Ben Semra/Reuters
Le gouvernement espagnol a de son côté reçu un message du gouvernement libyen proposant « d'arriver à un accord pour obtenir un cessez-le-feu », a indiqué hier un porte-parole du gouvernement espagnol.
En revanche, l'OTAN n'a reçu aucun message du gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi au sujet d'un cessez-le-feu, a déclaré hier un responsable de l'OTAN, mettant en doute la sincérité des nouvelles propositions qu'auraient faites le régime de Tripoli. Or, a-t-il estimé, « ce sont les actes qui comptent, pas les mots ».
Selon une source gouvernementale britannique citée par le journal britannique The Independent, les pays occidentaux pourraient accepter un cessez-le-feu à la condition que Kadhafi parte en exil. M. Mahmoudi a écarté cette possibilité. « Mouammar Kadhafi est dans le cœur de tous les Libyens, s'il part, les Libyens partent avec lui », a-t-il indiqué. Selon lui, le guide est le symbole du pays, et il n'est pas responsable de l'exécutif libyen ou de la politique étrangère du pays.
Parallèlement, l'Union africaine a demandé hier la fin des bombardements de l'OTAN sur la Libye, indispensable à ses yeux pour ouvrir la voie à une solution politique qu'elle a de nouveau défendue.
L'UA s'est engagée dans une délicate médiation pour faire accepter par les protagonistes libyens une « feuille de route » prévoyant un cessez-le-feu dans les meilleurs délais, un acheminement de l'aide humanitaire et l'instauration d'une période de transition et de dialogue conduisant à des élections démocratiques. Le régime de Mouammar Kadhafi a très rapidement accepté les propositions de l'UA, mais le Conseil national de transition - CNT, au nom des rebelles, a posé comme préalable un départ du colonel Kadhafi et de ses fils.
Sur un autre plan, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a démenti mercredi soir qu'un des fils du leader libyen, Seif al-Arab, ait été tué dans un raid de l'OTAN le 30 avril comme l'avait affirmé Tripoli, selon des propos rapportés par l'agence ANSA. « La coalition n'était pas au courant (de cette mort), c'était de la propagande, en fait le plus jeune fils de Kadhafi n'était pas en Libye et il vivait dans un autre pays, et l'histoire des trois petits-enfants était également infondée », a affirmé M. Berlusconi.
Sur le terrain, l'OTAN a mené de nouveaux bombardements nocturnes sur Tripoli. Quatre explosions ont été entendues dans la nuit de mercredi à jeudi. La coalition internationale a également visé des cibles dans l'ouest de la Libye alors que Washington a reconnu la difficulté de déloger Kadhafi par le seul biais des frappes aériennes.
Par ailleurs, l'ambassadeur de Libye auprès de l'Union européenne et des pays du Benelux, Hadeiba Alhadi, a annoncé jeudi soir avoir fait défection avec tous ses collaborateurs pour protester contre la répression de la population par les forces pro-Kadhafi. Cette défection s'ajoute à plusieurs autres du même type ces dernières semaines : les ambassadeurs de Libye à l'ONU, aux États-Unis, en France, au Portugal ou encore à l'Unesco notamment ont déjà emprunté cette voie.
(Source : AFP)

