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Moyen Orient et Monde - Tpiy

Le « boucher des Balkans » arrêté en Serbie

La capture du général Ratko Mladic, tenu responsable du massacre de Srebrenica en juillet 1995, donne un élan précieux à la candidature européenne de Belgrade.

L’ancien chef de l’armée bosno-serbe, Ratko Mladic, conduit par des policiers chez un juge d’instruction du Tribunal spécial serbe pour les crimes de guerre, à Belgrade. Marko Djurica/Reuters

Le président serbe, Boris Tadic, a annoncé hier l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic, surnommé le « boucher des Balkans » pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie) en juillet 1995. Avec cette arrestation prend fin la cavale d'un homme qui a réussi à échapper pendant près de seize ans à la justice internationale.
« Aujourd'hui tôt dans la matinée, Ratko Mladic a été arrêté sur le territoire de la Serbie », a annoncé le président Tadic. Le ministre serbe de l'Intérieur, Ivica Dacic, a indiqué à l'agence Beta que Ratko Mladic n'avait pas résisté lors de son arrestation et qu'il n'y avait eu aucun recours à la force. Le ministre a confirmé que l'arrestation s'était produite à Lazarevo, près de Srenjanin, à environ 80 kilomètres au nord-est de Belgrade, non loin de la frontière avec la Roumanie, lors de la perquisition de quatre maisons. La demeure, qui appartenait à un parent de M. Mladic, était surveillée depuis deux semaines.
« Le processus de transfèrement est en cours » vers La Haye, où siège le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui a inculpé Ratko Mladic de génocide pour son rôle pendant la guerre de Bosnie (1992-1995), a précisé le président Tadic. Selon les services du procureur serbe pour les crimes de guerre, le transfèrement de Ratko Mladic vers La Haye pourrait demander jusqu'à sept jours. En attendant, M. Mladic a été conduit devant le Tribunal spécial pour crimes de guerre, à Belgrade, où il a eu droit à un examen médical. Selon des sources proches du Tribunal, il est en « assez mauvaise condition » physique. « Il était assez pâle, ce qui nous laisse penser qu'il ne sortait pas beaucoup dehors et que c'était l'une des raisons de sa longue cavale réussie », a déclaré le président du Comité serbe pour la coopération avec le TPIY, Rasim Ljajic, à la chaîne de télévision publique RTS. En soirée, M. Mladic a été conduit devant le juge serbe pour les crimes de guerre, qui lui a signifié l'acte d'accusation à son encontre.
L'acte d'accusation initial du TPIY contre Ratko Mladic avait été émis le 25 juillet 1995 pour des actes de génocide et d'autres crimes commis pendant la guerre de Bosnie. Cet acte d'accusation avait été complété en novembre 1995 pour y inclure le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, et auquel le nom de Ratko Mladic est désormais associé. Selon la justice internationale, environ 8 000 musulmans de Bosnie, adultes et adolescents, ont été tués par les forces serbes de Bosnie dans cette localité de l'est de la Bosnie. La justice internationale reproche également à Ratko Mladic son rôle dans le siège de Sarajevo pendant la guerre. Les principales personnalités des guerres des années 1990 dans l'ex-Yougoslavie et recherchées par le TPIY sont désormais arrêtées. L'arrestation de M. Mladic survient un peu moins de trois ans après celle de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, arrêté en juillet 2008 à Belgrade. Seul est encore en fuite un ancien responsable des Serbes de Croatie, Goran Hadzic. Radovan Karadzic, incarcéré à la Haye, s'est déclaré « désolé pour la perte de liberté du général Mladic », par l'intermédiaire de son avocat, Peter Robinson.
L'annonce de l'arrestation de Ratko Mladic a été aussitôt saluée en Bosnie et à l'étranger. Cet événement est un « soulagement » pour les familles des victimes du massacre de Srebrenica, a dit la présidente d'une association locale, les « femmes de Srebrenica ». La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est félicitée de l'arrestation de M. Mladic et a demandé qu'il soit « transféré sans délai » devant le TPIY. La plupart des réactions à l'étranger soulignaient que la capture de Ratko Mladic donnerait un élan précieux à la candidature européenne de la Serbie, qui espère le statut de candidat d'ici à la fin de l'année. L'arrestation de Ratko Mladic lève un « grand obstacle » sur la voie de la Serbie vers l'UE, a estimé le commissaire européen pour l'Elargissement, Stefan Füle, tout en soulignant que Belgrade devait « intensifier » ses réformes. À Deauville pour assister au sommet du G8, le président américain Barack Obama a également félicité le président Tadic pour ses « efforts déterminés » qui ont permis l'arrestation de Ratko Mladic. « Nous attendons son transfert rapide vers La Haye », a ajouté le président américain.
(Source : AFP)
Le président serbe, Boris Tadic, a annoncé hier l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic, surnommé le « boucher des Balkans » pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie) en juillet 1995. Avec cette arrestation prend fin la cavale d'un homme qui a réussi à échapper pendant près de seize ans à la justice internationale.« Aujourd'hui tôt dans la matinée, Ratko Mladic a été arrêté sur le territoire de la Serbie », a annoncé le président Tadic. Le ministre serbe de l'Intérieur, Ivica Dacic, a indiqué à l'agence Beta que Ratko Mladic n'avait pas résisté lors de son arrestation et qu'il n'y avait eu aucun recours à la force. Le ministre a confirmé que l'arrestation s'était produite à Lazarevo, près de Srenjanin, à environ 80 kilomètres au nord-est de...
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