L’archéologue Jean-Paul Thalmann donnant son exposé sur Arka.
Le premier arrêt est marqué dans une célèbre pâtisserie à Tripoli. L'heure est encore matinale et personne n'avait encore pris de petit déjeuner. Les visites vont ensuite s'enchaîner. La première d'entre elles est un peu singulière puisqu'elle est effectuée sur le site d'un village disparu, celui d'Arka, situé sur une colline à la sortie nord de Tripoli.
L'archéologue français Jean-Paul Thalmann, qui travaille sur le site, a presque consacré sa vie à faire parler ce morceau de terre, petit par la taille mais énorme par son intérêt historique. Il débute son exposé en expliquant qu'Arka était un petit hameau qui a été rasé, transformé, agrandi ou reconstruit au fil des siècles, et qui peut se targuer d'être une véritable mine d'informations quant au passé et à l'histoire de cette région. Ayant subi toutes les invasions et vu passer successivement toutes les civilisations de l'âge du bronze jusqu'à la fin de l'Antiquité, Arka est un témoin aujourd'hui muet du métissage dont est issu le Liban. Et même si il n'en reste que très peu de choses aujourd'hui, il recèle de nombreuses informations enfouies par couches en fonction des périodes. La plus ancienne étant évidemment au plus profond.
Une campagne de fouilles chaque année
L'archéologue poursuit en expliquant qu'il avait commencé ses fouilles un peu avant la guerre, mais qu'il avait dû les interrompre durant le conflit. Quand il est revenu sur les lieux en 1992, rien n'avait changé et depuis ce jour il continue chaque année de faire parler les ruines avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères. Son exposé captive tout le monde et chacun veut poser sa question au sujet de l'époque phénicienne et de l'empereur romain Septime Sévère. Les participants veulent tout savoir, mais le temps presse. M. Thalmann ne pourra pas satisfaire la curiosité de tout le monde.
Le convoi repart direction le carmélite de Kobayat qui possède une impressionnante collection d'oiseaux empaillés et de papillons exotiques, aux couleurs et aux formes somptueuses. Du pélican à la chouette hulotte, du papillon le plus commun aux plus rares, un grand nombre d'espèces sont représentées. Ceux qui ne se sont pas attardés au musée en profitent pour se diriger vers l'église afin d'admirer les vitraux ou se recueillir un peu dans le calme, loin de la jungle urbaine. La visite terminée, il est l'heure de déjeuner. Direction la résidence de l'ancien vice-Premier ministre Issam Farès qui, même s'il n'est pas là, ouvre gracieusement les portes de sa luxueuse demeure et met son personnel au service des visiteurs, suivant la traditionnelle hospitalité libanaise. Après la pause déjeuner, une visite s'impose à la réserve naturelle privée, avec son lac artificiel plein de poissons aux couleurs vives et plus haut son parc, où des biches, des cerfs et des autruches gambadent en toute liberté. La réserve permet un point de vue magnifique sur les verdoyantes montagnes des alentours.
Les participants mettent l'ambiance
Une courte dabké s'organise devant les bus avec le concours des plus motivés, et les participants remontent en voiture pour la dernière visite du jour à Borj et son Sérail : une demeure ancestrale typique qui, même si elle est en partie rénovée, conserve un caractère historique certain. Les pierres de la maison offrent une incroyable fraîcheur et les participants découvrent une mosaïque de l'époque médiévale, un pressoir à huile, ainsi que les anciennes écuries et la potence qui servait à appliquer les sentences de la justice. La cour est magnifique et, détail intriguant, elle est dotée de deux portes d'entrée, une pour les hommes et une pour les femmes, symbole d'une époque révolue. Un véritable plongeon historique pour clôturer cette journée en beauté. Même si le voyage en bus est long, les routes offrent une vue magnifique sur les montagnes libanaises, encore enneigées à cette époque de l'année. Un concours de chant improvisé se met en place, avec le micro du bus. Tout le monde participe, l'ambiance est bon enfant et détendue jusqu'au retour. Il est un peu moins de 20 heures quand les bus s'arrêtent au point de départ rue Sursock. Les participants descendent, fatigués mais heureux de tous les souvenirs encore frais de cette journée, loin du tumulte de la ville et reconnaissants envers l'Apsad d'avoir préparé un si joli programme.


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