"Nous allons droit dans le mur. Netanyahu a fait la paix avec le Congrès mais il s'est mis le monde entier à dos", estime Ari Shavit, commentateur du quotidien Haaretz (gauche).
"Il y a deux +Bibi+ (Benjamin Netanyahu, NDLR): l'un qui veut se montrer grand et généreux et un +Bibi-Bunker+. Nous avons eu droit au deuxième devant le Congrès", ajoute-t-il, comparant la situation actuelle à celle qui prévalait en 1973, à la veille de la guerre israélo-arabe de Yom Kippour.
Sur un ton dramatique, Emmanuel Rozen, de la deuxième chaîne de télévision privée, prédit "qu'après les applaudissements au Congrès nous allons avoir droit à une terrible explosion" en septembre.
Tirant les conclusions de l'échec des négociations avec Israël, les Palestiniens ont l'intention de demander à l'ONU de reconnaître leur Etat sur les lignes de juin 1967, soit avant l'occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.
Dans le Yédiot Aharonot, le plus vendu des quotidiens israéliens, Nahum Barnea estime que "si les négociations avaient une petite chance de reprendre avant la visite (de Netanyahu à Washington), elles n'ont désormais plus aucune chance d'être relancées".
Les membres du Congrès qui ont applaudi Netanyahu "ne seront pas là lorsqu'Israël aura des problèmes... Ce n'est pas eux qui iront chercher des abris à Ashkelon et Beersheva (villes du sud d'Israël) quand les tirs de roquettes reprendront. Ce n'est pas eux qui auront peur de monter dans un autobus de crainte d'un attentat suicide. Ce n'est pas eux qui enverront leurs enfants (faire la guerre) au Liban, en Syrie ou dans les ruelles de Naplouse", accuse M. Barnea.
Pour le Maariv, un tabloïde hostile au Premier ministre, "Netanyahu sait parfaitement que les conditions qu'il a posées pour un processus de paix sont une entreprise mort-née. Aucun Palestinien ne les acceptera, aucun Etat arabe ne les soutiendra et personne en Europe ne les prendra au sérieux".
Le Jerusalem Post (droite) admet que les Palestiniens vont "probablement recevoir une reconnaissance de leur Etat" à l'ONU.
"Même s'il s'agit surtout d'une simple déclaration, un vote de l'Assemblée générale en faveur d'un Etat palestinien, soutenu par les dirigeants européens, constituerait un coup dur pour Israël, en le poussant vers un statut d'Etat paria et en suscitant peut-être une empathie pour une nouvelle phase de violences palestiniennes", craint le Post, qui préconise un gouvernement d'union nationale en Israël.


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