Dans une interview accordée à Radio Liban libre, M. Harb a indiqué que le problème réside dans le fait que les réunions parlementaires se transforment en « des outils politiques et non en processus conforme aux textes de la Constitution ». « Quand le gouvernement Fouad Siniora a été considéré comme démissionnaire et anticonstitutionnel, a-t-il souligné, le président de l'Assemblée Nabih Berry a considéré qu'il était impossible que les réunions parlementaires aient lieu parce que le cabinet avait, à son avis, démissionné. Et cela a duré pendant plus d'une année du fait de ce prétexte avancé. À cette époque, j'avais critiqué cette décision et je continue à le faire, et aujourd'hui la situation du gouvernement est semblable, il ne faut pas l'oublier. »
Évoquant la question du renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, le ministre du Travail a affirmé que les forces du 14 Mars ont réitéré lors de leur réunion la nécessité de voir le gouverneur de la Banque du Liban rester à son poste. M. Harb a par ailleurs souligné qu'il rejette formellement le principe d'amnistie en ce qui concerne les crimes terroristes. Il a insisté, par ailleurs, sur le point suivant : la solution à la crise actuelle réside dans la formation d'un cabinet de technocrates et d'une équipe de travail susceptible de prendre en charge les affaires du pays, bien que cette formule semble difficile à être concrétisée, selon lui. « Après que la nouvelle majorité eut échoué à former un gouvernement, il s'agit de choisir des personnes qui œuvrent à servir les intérêts de tous les Libanais, a déclaré M. Harb. En fin de compte, précise-t-il, je pense qu'un gouvernement de technocrates est impossible parce que ceux qui ont fait tomber le cabinet Hariri n'accepteront pas une telle formule. »
Selon M. Harb, le général Michel Aoun a, certes, perdu la présidence de la République en n'accédant pas à la tête de l'État mais il cherche à « accaparer toute la République en affaiblissant le rôle de la première magistrature ».
Se penchant en outre sur la question syrienne, le ministre a considéré que la situation interne dans ce pays empêche le régime syrien de faire pression sur ses alliés pour les amener à faciliter la formation du cabinet Mikati. « Les Syriens, a-t-il conclu, doivent s'empresser de faire les réformes nécessaires pour sauver le régime », tout en estimant que le régime syrien ne tombera pas rapidement, « sinon cela conduira à des massacres ».

