Des élèves se retrouvent autour de la fontaine, sur la grand-place de Tartu.
Car cette université fait la fierté non seulement des habitants de Tartu, mais de l'ensemble du peuple estonien. Une fierté justifiée par le fait que 80 % de l'élite du pays vient tout droit des bancs de l'Université de Tartu. L'institution qui regroupe 17 000 étudiants, dont 670 étrangers, héberge 1 300 étudiants de master et 3 000 doctorants au sein de ses neuf facultés. C'est dire la place qu'occupe la recherche au sein de l'institution, avec un budget de 130 millions d'euros par an.
L'Université de Tartu, qui a son propre musée, abrite la seule faculté de médecine d'Estonie et revendique une place internationale dans les domaines de la médecine, de la chimie, de la biotechnologie, de la science des matériaux et des sciences sociales, explique le vice-recteur à la recherche, Kristjan Haller, évoquant à titre d'exemple la nanotechnologie et la technologie du clonage. Et de préciser que l'université donne actuellement la priorité à trois groupes de projets, ceux concernant l'Union européenne et la Russie, ceux liés au génome, et ceux qui touchent à la création d'une chaîne moléculaire.
Quant à la technologie de l'information, elle figure également parmi les domaines prioritaires de l'institution, vu les besoins du pays en techniciens IT. Autre particularité de l'Université de Tartu, les études liées à l'artisanat local, délivrées par des maîtres artisans, histoire de perpétuer les traditions purement estoniennes et les métiers d'artisanat qui y sont liés.
La ville de Tartu est d'ailleurs soucieuse, elle aussi, de perpétuer le patrimoine traditionnel estonien et d'encourager les initiatives privées. C'est dans ce cadre et avec le soutien de l'Union européenne que le capitaine Priit Jagomagi a fait revivre la construction de barques traditionnelles de transport. Des barques en bois équipées d'une voile, que M. Jagomagi et les membres de son club construisent de leurs propres mains, et qui transportent les promeneurs pour un tour sur la rivière. La tradition remonte au XIVe siècle. Mais elle représente un moyen pour les habitants de Tartu de se réapproprier leur rivière et leur mode de vie, dont ils ont été privés au cours de l'ère soviétique.


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