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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Obama proclame son soutien au printemps arabe

Dans un discours très attendu, six mois après le début des révoltes arabes, Barack Obama a promis hier un changement d'approche des États-Unis envers la région. Plaçant son administration du côté des manifestants, il s'en est pris à la Syrie sans pour autant ménager ses alliés, dont Bahreïn et le Yémen.

Lors de son discours devant un parterre de diplomates américains et étrangers, à Washington, Obama a accusé la Syrie de « suivre son allié iranien », qui l’aide, selon lui, à organiser la répression. Jim WATSON/AFP

Barack Obama a promis hier un changement d'approche des États-Unis envers le Moyen-Orient, plaçant fermement son administration du côté des manifestants pour la démocratie, dans un discours très attendu revenant sur six mois de révoltes arabes.
« Les États-Unis soutiennent un ensemble de droits universels » valables « que l'on vive à Bagdad ou à Damas, à Sanaa ou à Téhéran » et « notre soutien à ces principes n'est pas un intérêt secondaire », a affirmé le président américain depuis le département d'État, où il prononçait son allocution.
Le président américain est revenu en détail sur les épisodes du printemps arabe, tirant la leçon que faute d'un changement d'approche, l'Amérique ferait face à une profonde rupture avec le monde arabe.
Il a dévoilé un plan d'aide économique de plusieurs milliards de dollars, initialement destiné à l'Égypte et à la Tunisie, avec l'objectif affiché de soutenir le processus de démocratisation.
Déplorant la violence d'État qui s'est manifestée au fil des révoltes, Barack Obama a jugé que « l'exemple le plus extrême est la Libye, où Mouammar Kadhafi a engagé une guerre contre ses propres concitoyens, promettant de les chasser comme des rats ». Sans l'intervention de l'OTAN, « des milliers auraient été tués », selon lui.
Le président syrien Bachar el-Assad, sanctionné personnellement mercredi par les États-Unis, était également visé par l'hôte de la Maison-Blanche. « Le peuple syrien a montré son courage en exigeant une transition vers la démocratie », a lancé M. Obama : « Le président Assad est maintenant face à un choix. Il peut diriger la transition ou s'écarter. » Le président américain a exigé la fin des violences contre les manifestants, la libération des prisonniers politiques et l'accès des groupes de défense des droits de l'homme « dans des villes comme Deraa », foyer de la contestation syrienne. À défaut, M. Assad - que Washington a personnellement sanctionné mercredi - et son régime « seront défiés de l'intérieur et continueront d'être isolés à l'extérieur ».

Bahreïn critiqué
Le président américain a par ailleurs accusé la Syrie de « suivre son allié iranien », qui l'aide selon lui à organiser la répression. Il n'a pas non plus retenu ses coups pour évoquer la situation à Bahreïn, un allié précieux des États-Unis dans le golfe Persique. M. Obama a réclamé un « vrai dialogue » entre le pouvoir et l'opposition. Il a aussi prévenu : « Les arrestations de masse et la force brute sont incompatibles avec les droits universels des citoyens bahreïnis, et de telles mesures n'arrêteront pas les demandes légitimes de réforme. »
Il a enfin rappelé que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, devait respecter ses engagements concernant la transition du pouvoir.
Revenant sur la mort d'Oussama Ben Laden sous les balles d'un commando américain, M. Obama a pris soin de remarquer que les révoltes arabes semblaient, à ses yeux, tourner le dos à l'extrémisme. Aujourd'hui, a-t-il insisté, les Arabes voient l'extrémisme d'el-Qaëda comme « une impasse ».

Sur le conflit israélo-palestinien
Le président américain, qui recevra aujourd'hui le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, a évoqué également le processus de paix israélo-palestinien. Obama s'est élevé contre les efforts que pourraient engager les Palestiniens pour isoler Israël lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre. « Pour les Palestiniens, des efforts visant à priver Israël de sa légitimité tourneront à l'échec. Les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un État indépendant », a-t-il dit, en réaffirmant le caractère inébranlable de l'engagement des États-Unis aux côtés d'Israël. Dans ce discours, Obama est allé plus loin que par le passé, en exposant les paramètres d'un accord entre Israël et les Palestiniens, sans aller pour autant jusqu'à dévoiler un plan de paix américain. Selon lui, tout accord créant un État de Palestine doit s'appuyer sur les lignes de 1967, moyennant des échanges de territoires.
Des initiatives de paix au Proche-Orient s'avèrent plus urgentes que jamais, a estimé Obama, qui juge intenable le statu quo actuel dans le processus israélo-palestinien. Selon lui, Israël va devoir faire preuve d'audace pour favoriser une paix durable.
Réagissant au discours d'Obama, le Hamas a appelé les États-Unis à « des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens et de la nation arabe » et à « ne pas ajouter des slogans ». De son côté, le leader palestinien Mahmoud Abbas, qui a convoqué hier soir la direction palestinienne pour « une réunion d'urgence », a appelé Israël à « donner au processus de paix la chance qu'il mérite ». M. Netanyahu a, pour sa part, écarté hier tout « retrait aux lignes indéfendables de 1967 ». Il a dit « apprécier » le message de paix d'Obama mais a affirmé qu'un État palestinien ne devait pas être fondé « aux dépens de l'existence d'Israël ».
(Source : agences)
Barack Obama a promis hier un changement d'approche des États-Unis envers le Moyen-Orient, plaçant fermement son administration du côté des manifestants pour la démocratie, dans un discours très attendu revenant sur six mois de révoltes arabes.« Les États-Unis soutiennent un ensemble de droits universels » valables « que l'on vive à Bagdad ou à Damas, à Sanaa ou à Téhéran » et « notre soutien à ces principes n'est pas un intérêt secondaire », a affirmé le président américain depuis le département d'État, où il prononçait son allocution.Le président américain est revenu en détail sur les épisodes du printemps arabe, tirant la leçon que faute d'un changement d'approche, l'Amérique ferait face à une profonde rupture avec le monde arabe.Il a dévoilé un plan d'aide économique de plusieurs...
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