La Fédération française de tennis (FFT), responsable de l'intégrité de ses compétitions, en ce qui concerne les paris comme le dopage, a chargé la société Sport-Radar de surveiller un maximum de sites non agréés proposant des paris sur Internet.
« On en surveille environ 200 », compte Gilbert Ysern, le patron de Roland-Garros. « Si par exemple un joueur gagne le premier set et que des paris massifs sont pris sur sa défaite, c'est suspect ».
Ce sont des logiciels qui produisent les alertes en cas de mises très importantes ou de revirements de tendance sur les paris pendant un match. Parfois, ce sont les opérateurs eux-mêmes, en tous cas les sites agréés, qui signalent les anomalies. Puis ce sont des hommes qui les analysent au regard des faits de jeu.
Afin de corroborer des faits suspects, le monitoring de Sport-Radar est en effet doublé d'un dispositif sur les courts. « Tous les matches sont enregistrés », explique Gilbert Ysern, « au cas où il faudrait revoir un match qui aurait fait l'objet d'une alerte. Et un ancien joueur français de Coupe Davis est à disposition pour aller sur un court où quelque chose de bizarre a été signalé ».
Par ailleurs les arbitres ne sont plus désignés la veille mais le matin même. Les accrédités - joueurs, entraîneurs, arbitres, etc... - ont l'interdiction de parier et l'obligation de rapporter tout fait ou comportement suspect à la Tennis Integrity Unit.
Les responsables du tournoi ont renoncé à interdire l'accès des courts aux ordinateurs de poche. « Ce n'est plus possible aujourd'hui, avec les tablettes et les téléphones avec accès Internet », juge Gilbert Ysern, mais le personnel de sécurité est sensibilisé aux comportements étranges comme l'utilisation intensive de portables par les spectateurs, interdits de paris à l'intérieur du stade.
Selon le principe de la médiatisation-antidote, le danger est cependant faible de voir truquer des matches de Roland-Garros. « En grand chelem, le risque est mineur sur les épreuves de simple », estime Gilbert Ysern. « Plus l'événement est médiatisé, moins il y a de risque. »
Pour les limiter encore, l'Autorité française de régulation des jeux en ligne (Arjel) a interdit une certaine forme de paris aléatoires aisément trucables comme, par exemple, la couleur de la casquette de Rafael Nadal.
Dans l'idéal, le système de monitoring installé pour Roland-Garros devrait être étendu et mutualisé pour l'ensemble des compétitions sportives organisées en France. C'est l'une des propositions faites à la ministre française des Sports Chantal Jouanno par Jean-François Vilotte, président de l'Arjel, qui souhaite également que soit créé un délit de fraude sportive afin d'agir dans un cadre pénal en mobilisant des moyens policiers.
Son but : « Éviter le syndrome Sopot », en référence aux lourds soupçons de corruption qui avaient pesé sur le Russe Nikolay Davydenko, qui avait abandonné lors de ce tournoi polonais alors que de très fortes sommes d'argent avaient été misées sur la victoire de son adversaire.
Les faits n'avaient jamais été prouvés, faute de l'existence de moyens de surveillance et d'investigation nécessaires et les soupçons avaient à jamais poursuivi le joueur.
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