Sur le plan judiciaire, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a assuré hier être « presque prêt pour un procès », affirmant que ses services ont collecté des preuves « bonnes et solides » permettant d'identifier les principaux responsables des crimes commis en Libye. M. Moreno-Ocampo doit déposer ce matin une requête demandant aux juges de la CPI de délivrer un mandat d'arrêt contre trois personnes portant, selon lui, « la plus grande responsabilité » dans les crimes contre l'humanité commis en Libye depuis la mi-février, dont il rendra l'identité publique.
« L'isolement de Kadhafi est irréversible », a estimé pour sa part Jalal al-Gallal, un porte-parole du Conseil national de transition. « Nous avons obtenu la liberté de parole et de mouvement. La plus grosse erreur de Kadhafi est de n'avoir pas compris combien c'était important pour nous », a-t-il dit, indiquant qu'un groupe d'experts législatifs, avec la collaboration de constitutionnalistes français, planche sur un projet de Constitution. « L'idéal serait qu'une fois que Kadhafi aura cédé le pouvoir, il y ait une période de 8 mois environ de consultations parce que les gens de Tripoli, la capitale, doivent l'examiner, et ensuite un référendum. »
Trois mois après le déclenchement de la révolte qui a fait des milliers de morts, le colonel Kadhafi est toujours au pouvoir malgré les milliers de bombes lâchées par l'OTAN, et la Libye n'entrevoit pas la fin du conflit qui la déchire. Samedi soir, l'Alliance atlantique a mené de nouveaux raids sur les régions de Bir el-Ghanam, Njila et la ville d'al-Azizya, au sud-ouest de Tripoli, a rapporté l'agence JANA. Elle a également indiqué que des sites « militaires et civils » dans la ville de Zouara, à l'ouest de Tripoli, ont été les cibles hier de raids de l'OTAN. L'agence fait état de « pertes humaines et de dégâts matériels », sans autre précision. Selon des habitants de la région de Tajoura, banlieue est de Tripoli, plusieurs explosions ont secoué l'est de la capitale libyenne d'où s'élevaient plusieurs colonnes de fumée.
Dans un entretien publié par le Sunday Telegraph, le chef d'état-major de l'armée britannique, le général David Richards, a demandé une intensification des bombardements aériens de l'OTAN. « L'étau se resserre sur Kadhafi, mais nous avons besoin d'augmenter la pression au travers d'une action militaire plus intense », a affirmé le général en réclamant un « élargissement des cibles » retenues par l'OTAN. Même son de cloche chez le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a appelé à intensifier la pression militaire sur le régime du colonel Kadhafi, dans un entretien publié samedi par le quotidien arabe al-Hayat. Il a estimé que les frappes de l'OTAN avaient « largement protégé les populations » civiles.
Samedi, l'armée tunisienne a repoussé une tentative d'infiltration des troupes de l'armée libyenne, a rapporté hier l'agence TAP citant une source militaire de haut rang. Selon cette source, les pro-Kadhafi voulaient surprendre, à partir du territoire tunisien, les insurgés qui contrôlent le poste-frontière de Wazen-Dehiba.
Sur le plan humanitaire, quelque 222 clandestins africains tentant de rallier l'Italie en provenance de la Libye ont été secourus samedi par la garde maritime tunisienne au large de Zarzis (sud de la Tunisie), selon l'agence TAP.
(Source : agences)


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