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Liban - Éclairage

Vers un gouvernement de transition

Walid Joumblatt va-t-il, encore une fois, changer la donne ? Il vient de piquer au vif cette nouvelle majorité que son revirement a permis d'éclore, en dénonçant vivement son incapacité à surmonter ses querelles gloutonnes pour former un gouvernement. Auparavant, s'alignant sur le modérantisme qu'affiche Nabih Berry, le leader du PSP avait appelé à une reprise de jonction, de communication entre les Libanais. Notamment à travers la réactivation du comité de dialogue national, en soulignant la nécessité de resserrer les rangs face aux vents qui soufflent du dehors, et tout d'abord face aux retombées possibles des événements de Syrie. À ce propos, une attention toute particulière est portée aux relations entre le Hezbollah et Damas. Le président Bachar el-Assad dispose là, en effet, d'une carte importante. Il peut exploiter le maintien de son soutien actif au Hezbollah. Cela après que l'ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, eut déclaré sur les antennes d'une radio que le chef de l'État syrien n'a pas encore pris la décision de rompre avec le Hezb. Ce qui induit, ou confirme, que les Occidentaux, Américains en tête, pensent qu'il est encore possible pour le président Assad de répondre à leurs conseils ou, pour mieux dire, à leurs directives. À savoir engager des réformes en profondeur chez lui. Et se dissocier de l'Iran, donc du Hezbollah. On lui laisse ainsi de la marge et les Occidentaux n'appellent pas à son renversement, ou à son renvoi, comme ils le font pour d'autres.
Quant à Walid Joumblatt, il cherche à arrondir les angles, au sein de la majorité, pour accélérer la formation du gouvernement. Car, comme le relève Nabih Berry, la prolongation de la crise ne sert pas l'intérêt de la Syrie. De plus, elle porte fortement atteinte à l'économie nationale. Et le vide institutionnel n'est pas particulièrement recommandé, ni face à des troubles internes découlant des développements régionaux ni face à une attaque israélienne. Cela étant, ses proches certifient que Joumblatt, en prenant l'initiative, n'entend pas procéder à un nouveau repositionnement, comme on pourrait le croire, mais réhabiliter et consolider la majorité qui s'est formée grâce à son apport. Auparavant, l'un de ses lieutenants, le ministre Ghazi Aridi, avait déjà donné le ton en qualifiant ce qui se passe du côté de la majorité de mascarade honteuse.
On le sait, au vu de l'impasse, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, a été fortement tenté, il y a quelque temps, de proclamer la mise sur pied d'un cabinet de technocrates, ou encore de fait accompli. Mais il y a eu un tel tollé du côté de ses partenaires du 8 Mars que, sur les conseils pressants du président Berry, il y a renoncé. Joumblatt a estimé de son côté qu'un tel dégagement en direction des technocrates serait un putsch contre les forces politiques. Ajoutant qu'en tout cas dans les circonstances actuelles, il ne peut être question d'une équipe de technocrates, car elle ne pourrait rien faire, rien décider.
Mais l'arôme de neutralité qui sourd de cette idée conduit beaucoup de professionnels à se rabattre sur la formule d'un cabinet de transition pour faire évoluer le changement d'autorité, sinon de système, au Liban, à la lumière des mutations dans la région et dans le monde arabe. Autrement dit, au moment où d'autres commencent à accéder à la démocratie, que nous avons pour notre part adoptée dès l'origine, il s'agirait de ne plus la laisser en sommeil chez nous.
Partant de là, les propos de Joumblatt visent à servir la cohésion de la majorité, au profit de l'intérêt national bien compris, comme de la défense de la résistance. Ce qui implique que le Hezbollah devrait contribuer activement à la formation rapide d'un nouveau gouvernement.
À noter que les Turcs suggèrent depuis quelque temps déjà que la Syrie et le Liban se dotent pareillement de gouvernements de transition, en vue d'une autorité publique œuvrant au changement et aux réformes requises dans les deux pays.
Les proches du président Mikati accueillent favorablement le coup de semonce de Walid Joumblatt à l'adresse de la nouvelle majorité et ses critiques au sujet des exigences rédhibitoires qui entravent la mission du Premier ministre désigné. Ils se félicitent qu'il ait rendu visite à Dar el-Fatwa, et même qu'il ait pris langue avec Fouad Siniora, autre symbole communautaire sunnite gravitant dans l'orbite de Saad Hariri. Cela dans l'esprit de l'appel de Joumblatt à la promotion de la communication entre les parties libanaises, à travers le comité de dialogue.
Walid Joumblatt va-t-il, encore une fois, changer la donne ? Il vient de piquer au vif cette nouvelle majorité que son revirement a permis d'éclore, en dénonçant vivement son incapacité à surmonter ses querelles gloutonnes pour former un gouvernement. Auparavant, s'alignant sur le modérantisme qu'affiche Nabih Berry, le leader du PSP avait appelé à une reprise de jonction, de communication entre les Libanais. Notamment à travers la réactivation du comité de dialogue national, en soulignant la nécessité de resserrer les rangs face aux vents qui soufflent du dehors, et tout d'abord face aux retombées possibles des événements de Syrie. À ce propos, une attention toute particulière est portée aux relations entre le Hezbollah et Damas. Le président Bachar el-Assad dispose là, en effet, d'une carte importante. Il peut...
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